Contre le royaume des borgnes. La chronique de François Clemenceau
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Emmanuel Macron, au palais de l'Élysée, à Paris, le 10 juillet 2026.
LTD/Reuters/Abdul Saboor
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Emmanuel Macron, au palais de l'Élysée, à Paris, le 10 juillet 2026.
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Et si l’un des grands succès d’Emmanuel Macron en politique étrangère et de sécurité ne tournait pas autour de ces deux mots : coalition et volontaires ? Plus tôt que ses pairs, il a compris que le fonctionnement de l’Union européenne, même dans l’urgence de l’épidémie de Covid et dans la brutalité de l’invasion de l’Ukraine, restait trop lent et trop dépendant des veto de tel ou tel membre.
Plus agile que ses pairs, il a repris à son compte le concept des noyaux durs testé avec plus ou moins de bonheur par le passé : ceux qui peuvent et veulent font, et ceux qui ne peuvent pas laissent agir les autres sans les entraver. Ce fut, dès le premier mandat, l’idée que des forces spéciales européennes pouvaient rejoindre les unités d’élite combattantes françaises aux côtés de l’armée malienne contre le terrorisme.
Ce ne sont pas les djihadistes qui en sont venus à bout mais des quarterons de putschistes, aidés par la très efficace machine de désinformation russe. Force est de constater aujourd’hui que le Mali, le Tchad, le Burkina et le Niger auront bien du mal à retrouver la stabilité et une espérance de progrès économique sans des partenaires européens capables d’y contribuer.
En Ukraine, la coalition des volontaires est d’abord un projet européen. Une quarantaine de pays, majoritairement du Vieux Continent mais également d’Amérique du Nord ou d’Asie-Pacifique, en sont membres. Tous convaincus qu’il faut offrir des garanties de sécurité à l’Ukraine qui soient autant crédibilisées par des engagements à déployer des moyens militaires que par un soutien financier ou politique.