Constance Debré, écrivaine : « Les opinions, je n’en peux plus ! »
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Constance Debré, auteure de « La Doublure ».
LTD / Magali Delporte / Divergence
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Constance Debré, auteure de « La Doublure ».
LTD / Magali Delporte / Divergence
Nulle part elle n’écrit que les protocoles d’exécution qu’elle reproduit par le menu et jusqu’à la suffocation sont américains ; pas non plus que son port d’attache là-bas – et le point de départ de ses virées errantes dans des voitures d’emprunt ou de location – est Los Angeles. Le souci de Constance Debré est moins de flouter les lieux que d’universaliser le propos.
Ses descriptions sont du reste on-ne-peut-plus-transparentes : « La ville est bordée à l’ouest par l’océan. Elle s’étend vers l’est. Elle rejette les plus pauvres d’abord dans des quartiers de plus en plus périphériques, puis dans la vallée, enfin le désert. […] Il fait toujours beau. Il y a quelque chose d’inquiétant dans l’air. Peut-être que c’est à cause de la lumière, qui écrase tout, même en janvier. Des gens que je ne connais pas me disent I think we should fuck. »
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La petite-fille de Michel Debré, qui est allée jusqu’à déconstruire son Nom (Flammarion, 2022) dans le livre qui porte ce titre, prouve qu’elle a non seulement le sens du punk en littérature, mais aussi, qu’elle le veuille ou non, celui de la politique. Oh pas au premier degré, évidemment. Mais il faut voir comment son livre réussit à dénuder d’un même mouvement d’écriture ces règlements d’exécution conformes au cadre constitutionnel – celui-là même qui prévoit en son 8e amendement l’interdiction des peines cruelles et inhabituelles – et la condition humaine contemporaine. Constance Debré nous empêche de regarder ailleurs : cette horreur – jamais désignée comme telle par sa plume, qui ne donne ni dans l’émotion ni dans le sentiment, c’est même à ça qu’on la reconnaît – nous appartient où que l’on vive.