Éric et Mitivaï Serra : « Je préfère être trop protecteur que pas assez »
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Éric et Mitivaï Serra en juin 2026.
Marie Rouge pour La Tribune Dimanche
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Éric et Mitivaï Serra en juin 2026.
Marie Rouge pour La Tribune Dimanche
Depuis quarante ans, Éric Serra compose les émotions des autres. De Subway au Grand Bleu, de Nikita à Léon, jusqu’à GoldenEye ou Le Cinquième Élément, ses partitions ont accompagné quelques-uns des plus grands succès du cinéma. Cette fois, pourtant, il n’est plus question de musique de film, mais d’une autre partition : celle d’un père et de sa fille.
Nous retrouvons le compositeur dans le studio installé au sous-sol de sa maison, en région parisienne. Un véritable cabinet de curiosités où s’entassent instruments, souvenirs de tournages et objets rapportés de ses voyages aux quatre coins du monde. À ses côtés, sa cadette, Mitivaï, anagramme du prénom polynésien Vaimiti. Dans quelques semaines, l’étudiante en architecture d’intérieur à Florence accompagnera son père sur scène à l’occasion de sa tournée des Zéniths. Une conversation où, plus qu’une bande originale, s’écrit une histoire de transmission. Que Serra, Serra…
LA TRIBUNE DIMANCHE — D’où vient cette complicité si particulière entre vous ?
MITIVAÏ SERRA — Depuis que je suis née, on a toujours eu une relation très forte. J’ai beaucoup de chance parce que je sais que ce n’est pas le cas dans toutes les familles. On s’est toujours énormément parlé et je n’ai jamais eu peur de lui raconter ce que je vivais.
ÉRIC SERRA — Je crois que notre complicité s’est imposée naturellement. C’est assez drôle parce que ma fille aînée est très proche de sa mère, tandis que Mitivaï et moi avons toujours eu un lien particulier. Elles sont très différentes et chacune a trouvé son équilibre. Ashani est plus cérébrale, alors que Mitivaï s’est très vite tournée vers l’expression artistique. Elle a été championne de France de gymnastique, elle chante, elle danse… Depuis toute petite, elle a cette sensibilité. Nous partageons sans doute la même façon de ressentir les choses et ça nous a toujours rapprochés.