Exclus depuis un an d’un programme d’accueil de scientifiques et d’artistes, les Palestiniens pourraient bientôt être réintégrés. La dessinatrice Safaa Odah attend son évacuation de Gaza.« Bonjour, ici le consulat général de France à Jérusalem. Nous travaillons à la préparation d’une éventuelle évacuation de la bande de Gaza, un projet encore à un stade très préliminaire. Pourriez-vous nous communiquer tous les comptes de réseaux sociaux sur lesquels vous vous exprimez habituellement ? Avec nos remerciements. » Deux jours après avoir reçu ce message, fin juin, Safaa Odah, cartooniste palestinienne de 45 ans, avouait : « J’ai peur de me réjouir. » Sa circonspection est compréhensible. La France aurait-elle enfin décidé de tenir ses promesses ?
La dessinatrice de presse est bénéficiaire du programme Pause (Programme français d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil) depuis mars 2025. Porté par le Collège de France, ce dispositif permet à des chercheurs, universitaires, peintres ou dessinateurs du monde entier de se mettre à l’abri pour poursuivre leurs recherches ou leur art. Mais, depuis un an, Paris a stoppé toutes les évacuations promises aux lauréats gazaouis et leur famille. « Les services du ministère travaillent activement à la reprise des opérations au courant de l’été », promet pourtant le Quai d’Orsay, soumis à une forte pression médiatique ces derniers mois.
Alors Safaa Odah attend. Chaque matin, l’illustratrice, qui travaille pour le quotidien panarabe Al-Arabi al-Jadid, tente de planifier son emploi du temps. Les caricatures à finir, celles à commencer. Aller chercher de l’eau. Charger le vieil ordinateur prêté et sa tablette graphique. « L’électricité… c’est une aventure, ici », lâche l’artiste, jointe sur WhatsApp.