Du tango à la salsa, hymnes tristes. La chronique de François Clemenceau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le président argentin Javier Milei et le sénateur brésilien Flavio Bolsonaro.
LTD / REUTERS / Jean Carniel
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le président argentin Javier Milei et le sénateur brésilien Flavio Bolsonaro.
LTD / REUTERS / Jean Carniel
Du clown aux clones : en débarquant hier à São Paulo, le président argentin est venu saluer un autre prétendant à la vengeance. Javier Milei aurait aimé visiter dans sa résidence surveillée l’ex-président brésilien Jair Bolsonaro, mais la Cour suprême du Brésil le lui a interdit.
Condamné à vingt-sept ans de prison pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir par la force, l’ancien capitaine d’artillerie reste l’une des figures de proue de l’aventurisme néoréactionnaire en Amérique latine. Milei est donc resté en famille en participant à l’investiture de Flávio Bolsonaro, l’un des fils de l’ancien dirigeant, désigné candidat du Parti libéral à l’élection présidentielle du mois d’octobre prochain.
D’aucuns voient dans la venue de Milei un bras d’honneur au chef de l’État en exercice, Luiz Inácio Lula da Silva, qu’il ne consent toujours pas à traiter en partenaire et voisin. Les deux hommes n’ont procédé à aucun échange de visite officielle depuis 2023. L’apparition de Milei au côté de l’héritier Bolsonaro pourrait-elle changer la donne, alors que les sondages donnent toujours entre quatre et douze points d’avance au président sortant ?
C’est bien l’objectif de l’Argentin, qui fait de sa rivalité avec la gauche de Lula un combat aussi narcissique que Donald Trump.
C’est dans cet état d’esprit que Milei se rend également mardi à Lima pour la cérémonie de prise de fonctions de la nouvelle présidente du Pérou, Keiko Fujimori. Elle aussi est une héritière, son père ayant dirigé le pays d’une main de fer de 1990 à 2000. Un quart de siècle plus tard et après quatre tentatives pour lui succéder, la voici élue de justesse, à 50,1 %, chargée de réhabiliter celui qui fut condamné à vingt-cinq ans de prison.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
