De petites bannières étoilées flottent au vent. Au milieu des mots de condoléances et des bougies, la photo de Sarah Beckstrom en uniforme trône sur le trottoir, ornée d’une couronne de fleurs. C’est là, près de Farragut Square et à quelques encablures de la Maison-Blanche, que, le 26 novembre, la jeune membre de la garde nationale est tombée sous les balles de Rahmanullah Lakanwal, un Afghan de 29 ans. Ancien militaire ayant servi aux côtés des troupes américaines, il avait été rapatrié aux États-Unis en 2021, après le retour au pouvoir des talibans.
Quinze jours ont passé depuis le drame et Washington ne s’en est toujours pas remise. Venue sur les lieux de la fusillade emmitouflée dans un épais manteau rouge, Lucille Candeloro s’abaisse pour replacer une pancarte soufflée par une bourrasque. « C’est insensé », souffle-t-elle avant de marquer une pause. Une larme perle sur sa joue.
Elle poursuit : « Les gardes nationaux devraient être chez eux avec leurs familles. Ils ne devraient être appelés qu’en cas d’urgence. Des villes comme Washington ou Chicago n’ont pas besoin de leur intervention. » Dans le district de Columbia, nombreux sont ceux qui dernièrement ont exprimé le même avis lors de manifestations ou sur les réseaux sociaux.
Le 20 novembre, une juge fédérale avait d’ailleurs ordonné le départ des soldats de la capitale fédérale. Une décision contestée par le gouvernement qui, cette semaine, a obtenu gain de cause. Jeudi 4 décembre, une cour d’appel fédérale a en effet autorisé les militaires à rester temporairement dans la ville. Le même jour, Donald Trump partageait sur son réseau Truth Social une photo prise dans le Bureau ovale : y figurait, outre le chef de l’État et son épouse Melania, la famille d’Andrew Wolfe – le second garde national grièvement blessé durant la fusillade et toujours hospitalisé.