On n'y comprend plus rien. Tout au long de sa campagne présidentielle et le jour de son investiture, il a martelé qu'il mettrait fin aux guerres inutiles et coûteuses. Qu'avec lui la paix reviendrait en Ukraine en un rien de temps. N'est-ce pas pourtant le même homme qui, en moins de six mois, a utilisé la toute-puissance de l'armée américaine pour pilonner les houthistes au Yémen ainsi que les sites nucléaires iraniens tout en laissant la guerre de son ami Netanyahou à Gaza se poursuivre interminablement au prix de la plus extrême désolation pour la majorité des civils palestiniens de l'enclave ?
Sans compter son peu d'efficacité à dissuader Vladimir Poutine de continuer sa propre guerre, celle de l'annihilation à petit feu de l'Ukraine ? Et que signifie cette confusion coupable au regard de l'État de droit qui consiste à utiliser les forces armées sur son propre sol pour « faire la guerre » aux « criminels migrants », responsables d'une « invasion » des États-Unis et méritant d'être repoussés militairement ? Ou cette fédéralisation de la garde nationale pour lutter contre les protestataires à Los Angeles puis contre les délinquants du quotidien à Washington DC, capitale des institutions démocratiques américaines ?
Cette semaine s'est achevée par un discours martial du chef de la diplomatie, Marco Rubio, justifiant le déploiement d'une demi-douzaine de bâtiments de guerre de l'US Navy dans les eaux internationales au large du Venezuela. Officiellement, il s'agissait de stopper tout trafic de drogue en provenance de ce pays. Le premier bateau rapide à avoir testé ce nouveau dispositif avait à son bord onze personnes, selon le président républicain, et une cargaison de cocaïne.