« La République a peur » : en Iran, la colère grandit malgré la répression
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A Bandar Anzali, les Iraniens manifestent contre le régime théocratique.
LTD / SalamPix /ABACA
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A Bandar Anzali, les Iraniens manifestent contre le régime théocratique.
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Alors que le régime islamique poursuit sa répression et qu’il prévoit d’organiser demain des défilés pour le soutenir, le mouvement de protestation s’est poursuivi hier soir en Iran avec de nouvelles manifestations. Revue de détail d’une révolte qui pourrait devenir historique.
Téhéran, Ispahan… Cantonnée aux petites et moyennes villes et aux régions périphériques (Kurdistan, Balouchistan) à ses débuts, la contestation iranienne qui a démarré le 28 décembre touche désormais l’ensemble du pays et les grandes agglomérations. « Même des villes religieuses comme Mashhad ou Qom, prétendument acquises au régime, se soulèvent », note la sociologue kurde iranienne Hawzhin Baghali.
Les images qui nous parviennent malgré la fermeture d’Internet rappellent immanquablement les précédents de 2009, 2017, 2019 ou 2022. Sauf que, par la nature du combat mené, cette nouvelle révolte diffère. Si elle est née chez les commerçants du bazar de Téhéran, laminés par la dévaluation catastrophique du rial, elle a évolué depuis quinze jours. « Les mouvements antérieurs trouvaient leur origine dans des causes spécifiques : les résultats de la présidentielle en 2009, le prix de l’essence en 2019, le sort réservé aux femmes en 2022, explique Clément Therme, chercheur à l’Ifri*… Cette fois s’exprime la demande de changement de système. »
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Hawzhin Baghali acquiesce, ajoutant que l’autre fait nouveau est la participation aux manifestations de diverses strates de la société, « commerçants, travailleurs, membres de la classe moyenne ». Difficile pour l’instant de savoir jusqu’où ira cette convergence des luttes. « Il n’y a pas de signes d’effondrement de la structure du régime, reprend Hawzhin Baghali. La République a encore les capacités de contrôler, de réprimer. Mais elle a peur. »
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