Donald Trump souhaite un cessez-le-feu avant Noël. Mais il se heurte au refus de Kiev et des Européens de concéder des territoires. L’activité diplomatique s’annonce intense.
Y aura-t-il une paix à Noël ? Après avoir, il y a quelques semaines et sans succès, fixé un ultimatum aux Ukrainiens pour Thanksgiving, voilà donc Donald Trump résolu à ce qu’ils paraphent un accord de cessez-le-feu avant le 25 décembre.
Pourtant, le plan qu’il propose à Kiev n’est guère différent de celui formulé fin novembre. Le locataire de la Maison-Blanche, toujours aussi bienveillant avec Moscou, a même profité de l’occupation russe de la ville stratégique de Pokrovsk, dans le Donbass, pour durcir sa position. « Zelensky doit commencer à accepter certaines choses car il est en train de perdre », assurait-il lundi 8 décembre à Politico.
Washington envisage ainsi de démilitariser le Donbass pour en faire une zone franche. Pour les Ukrainiens, cela reviendrait à abandonner leur première ligne de défense. Une énorme concession qu’un potentiel retrait des forces russes de la région de Kharkiv ne saurait combler.
Jeudi 11 décembre, Kiev a semblé craquer sous la pression américaine. Le négociateur ukrainien Mykhaïlo Podoliak validait ce jour-là aux journalistes du Monde un retrait militaire du Donbass. Le lendemain, Kiev rétropédalait, assurant que le journal avait mal compris. Depuis, l’Ukraine est revenue au plan en 20 points élaboré avec les Européens qui a été transmis à l’administration américaine mercredi.
À Paris, on rappelle les priorités partagées avec Volodymyr Zelensky : d’abord et avant tout « renforcer l’armée ukrainienne » et « offrir à Kiev des garanties de sécurité suffisamment solides et durables » pour dissuader Moscou de toute nouvelle attaque. Cela passerait, dit-on à l’Élysée, par un engagement américain à intervenir en cas de violation de l’accord. Aux yeux des Européens, le sujet des concessions territoriales, obsession première des Russes mais aussi des États-Unis, ne doit être abordé que dans un second temps. C’est donc bien sur l’agencement des priorités que les discussions bloquent avec Washington.
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