Pionnier de la vulgarisation historique sur YouTube, Benjamin Brillaud alias Nota Bene débarque sur France 5 avec un documentaire consacré aux cow-boys. Rencontre.
Diffusé ce dimanche en deuxième partie de soirée sur France 5, le documentaire On les appelle cow-boys remonte le fil de ces figures légendaires de l’histoire américaine, icônes du cinéma et de la littérature. Un savoureux voyage dans le Far West – du Texas au Wyoming – incarné par Benjamin Brillaud, 38 ans.
De nombreux téléspectateurs ne seront pas dépaysés tant sa carrure massive, sa barbe taillée au cordeau et sa narration chirurgicale sont déjà bien connues sur YouTube, où sa chaîne « Nota Bene » séduit 2,7 millions d’abonnés et vient de dépasser le demi-milliard de vues. Une success story pourtant loin d’être écrite à l’avance.
Flash-back. Bac technologique en poche, Benjamin Brillaud passe six mois sur les bancs de la fac d’histoire avant de bifurquer vers un BTS audiovisuel. À la clé, une première vie dans une boîte de production comme cadreur et monteur. « En 2014, la société battait de l’aile et je me suis retrouvé au chômage, rembobine Benjamin Brillaud. C’est à ce moment-là que j’en ai profité pour lancer “Nota Bene”. À l’époque, il y avait sur YouTube pléthore de programmes de vulgarisation scientifique, mais quasiment rien dans le domaine de l’histoire. »
Un succès fulgurant
Très vite, sa chaîne détonne et séduit de nombreux internautes, grâce à une ligne éditoriale sans chapelles ni œillères. « L’histoire, ce n’est pas seulement celle des puissants comme les rois et reines. Elle ne se réduit pas non plus aux récits politiques et militaires. Au début, je me suis fait connaître grâce à des sujets décalés, par exemple les morts insolites des rois ou les vieux remèdes de médecins. L’inspiration peut me venir à tout moment. Un soir, j’ai demandé à ma femme si l’on faisait du ski au Moyen Âge. Dès le lendemain, je me lançais sur les sports extrêmes dans l’histoire. »
Je me considère davantage comme un passeur d’histoire ou un médiateur culturel.
Le tout saupoudré d’une bonne dose de pop culture, le jeune homme n’hésitant pas à convoquer dans ses vidéos les Pokémon, Star Wars ou encore Braveheart. Un profil atypique accueilli au départ avec défiance par le monde de la recherche et de l’enseignement. « J’ai dû montrer patte blanche, expliquer que je n’étais pas là pour me substituer à leur travail mais que je voulais au contraire collaborer avec eux, explique le créateur de contenu. Je me considère davantage comme un passeur d’histoire ou un médiateur culturel. »
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Désormais, ce sont entre 25 et 40 auteurs – historiens, archéologues ou documentalistes – qui l’aident à concocter les scripts des six épisodes de vingt à quarante minutes mis en ligne en moyenne tous les mois. Sans compter ceux, plus courts, injectés sur les réseaux sociaux. Au total, sa société – qui ne communique pas sur son chiffre d’affaires – emploie une dizaine de personnes en CDI et a su se diversifier, avec des livres, des bandes dessinées ou encore des podcasts.
Vous reprendrez bien un peu de Nota Bene ? Bingo : notre homme sortira à la rentrée un jeu de société baptisé De facto, autour des grands faits historiques. « J’adapte à chaque support ma narration, explique celui dont une partie du catalogue vidéo sera également disponible début septembre sur la plateforme RMC+. Mon objectif est de m’adresser à un maximum de personnes. »
Sans jamais renier ses valeurs, comme lorsqu’il cosigne en 2024 lors des élections législatives une tribune contre l’extrême droite. « Dans mes vidéos, j’essaie de transmettre une histoire plurielle et inclusive, qui s’est écrite également en dehors des frontières de la France. Ça casse un peu le roman national qui plaît tant à l’extrême droite. Mais ça ne fait pas de moi un militant. »
On les appelle cow-boys, documentaire imaginé par Laureline Amanieux et Benjamin Brillaud, alias Nota Bene, dimanche 28 juin à 23 heures sur France 5.