OPINION. Violences faites aux femmes et aux enfants : « Nous, élus locaux, attendons des actes et des moyens »

Sophie Gaugain, Zouhourya Mouayad Ben et Pierre Lacaze.
LTD / DR

Sophie Gaugain, Zouhourya Mouayad Ben et Pierre Lacaze.
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« Nous, élues de la République, vice-présidentes de régions, conseillères régionales, maires, adjointes, conseillères municipales, saluons l’annonce d’un prochain d’un texte ambitieux contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Nous l’appelions de nos vœux. Nous resterons toutefois vigilantes. Cette cause essentielle ne saurait être sacrifiée sur l’autel de l’austérité budgétaire de Bercy.
Le Premier ministre a annoncé le 23 juin devant l’Assemblée nationale l’inscription de la proposition de loi « intégrale » ainsi que son examen en octobre, avant le projet de loi de finances. Nous prenons acte de cette avancée majeure. Elle était attendue de trop longue date et est impérative pour l’ensemble de nos territoires.
Parce que nous sommes, chaque jour, au contact des habitantes de nos territoires, des mères, des familles et des associations qui les accompagnent, nous savons l’ampleur de la détresse, de la peur et parfois de l’abandon auxquels sont confrontées les femmes et les enfants victimes de violences.
Aujourd’hui, nous nous rassemblons pour soutenir leurs voix. Le drame survenu il y a quelques semaines n’est malheureusement pas un fait isolé. Il s’inscrit dans une réalité qui se répète avec une régularité insupportable. Depuis trop longtemps, l’urgence est là. Combien de femmes devront encore perdre la vie ? Combien d’enfants devront encore grandir dans la violence avant que nous apportions une réponse à la hauteur ?
Partout en France, les collectivités territoriales agissent, à leur échelle, allant au-delà de leurs compétences, pour lutter contre les violences faites aux femmes et les violences sexistes et sexuelles. Nous finançons et soutenons les associations, les Maisons des femmes, renforçons la sécurité dans les transports, sensibilisons les jeunes dans les établissements scolaires.
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Mais cette mobilisation locale ne peut être efficace que si l’État consacre des moyens suffisants et conséquents, tant financiers qu’humains à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Cela ne peut pas être une inversion de responsabilité. Nous n’avons de cesse d’interpeller l’État sur les défaillances observées dans l’application des dispositifs nationaux.
Trop de femmes se heurtent encore à des obstacles inacceptables : difficultés d’accueil, notamment dans les commissariats, de conditions de dépôt de plainte, remise en cause de leur parole, inversion de la culpabilité. Ces situations ne sont pas de simples dysfonctionnements, elles ont des conséquences dramatiques concrètes. Mais alerter ne sauve pas. Écrire aux procureurs saisir les préfets sur des manquements ne suffit pas non plus.
Il appartient à l’État, dans ses missions régaliennes, de garantir que la justice et la police disposent des moyens nécessaires pour prévenir les violences, protéger les victimes, sanctionner les auteurs et lutter contre la récidive. Les associations sont en première ligne : écoutons-les Les associations, leurs salariés et bénévoles accueillent, écoutent, sensibilisent, soutiennent, accompagnent, sur le plan social, juridique et psychologique, et sauvent des vies. Leur engagement est indispensable. Écoutons-les. Soutenons-les.
L’État doit leur assurer des financements stables et pluriannuels. Ne sacrifions pas les femmes et les enfants sur l’autel de l’austérité budgétaire Le redressement des comptes publics ne peut justifier l’inaction ou le renoncement. La protection des femmes et des enfants ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire. C’est pourquoi, si nous saluons collectivement cette annonce du Premier ministre, nous restons particulièrement vigilantes à ce que ce texte demeure ambitieux dans son application réelle et soit adopté à l’automne. C’est une exigence pour la société Française, une exigence dans nos territoires. »
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