Netanyahou plombé par Trump. La chronique de François Clemenceau
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« Le drame d’Israël, c’est que Netanyahou l’homme politique a toujours été bien meilleur que Netanyahou l’homme d’État. » La réflexion émane d’un ancien haut diplomate israélien qui connaît bien le personnage, fasciné par le talent du Premier ministre pour rebondir au moindre cahot et désespéré de le voir jongler avec le chaos. Deux mois après le déclenchement d’une opération militaire conjointe historique avec les États-Unis contre le régime iranien, Benyamin Netanyahou est au milieu du chemin.
Lui, le Premier ministre qui a le plus longtemps gouverné l’État hébreu dans sa courte histoire, enrage de voir son allié américain ne pas aller au bout de la route, là où leurs objectifs communs devaient aboutir. Le Hamas est toujours au pouvoir à Gaza et n’a pas rendu les armes, la République islamique d’Iran est toujours debout et le Hezbollah – son complice au Liban –, suffisamment nocif pour continuer de menacer les populations du nord d’Israël.
Le plus désagréable pour lui est peut-être d’avoir cru qu’il maîtriserait son allié américain alors que ce dernier l’engageait dans un processus de négociations et un calendrier qui rognent sur ses capacités d’action militaire. À Gaza, il a obtenu cette « ligne jaune » pour y replier son armée afin de laisser les Gazaouis revenir dans ce qu’il reste de chez eux, mais sans que Tsahal quitte la totalité du territoire palestinien, comme le réclamait le Hamas. Selon le ministère de la Santé de l’enclave, quelque 800 Palestiniens ont été tués depuis le cessez-le-feu d’octobre, dont 200 mineurs et sept agents d’organisations humanitaires.