« Je vis le moment à fond » : La chronique du Mondial de Samuel Umtiti

Samuel Umtiti fait part de son ressenti sur cette Coupe du monde.
LTD/REUTERS/Issei Kato

Samuel Umtiti fait part de son ressenti sur cette Coupe du monde.
LTD/REUTERS/Issei Kato
Après trois semaines de compétition, j’ai assez de recul pour vous livrer mes impressions personnelles au sujet de cette Coupe du monde. Pour commencer, j’ai découvert une organisation parfaitement huilée.
Et s’il y a bien un domaine où elle a frappé fort, ce sont les stades. Du très haut niveau. Tout y est fait pour que le spectacle soit au rendez-vous. J’ai vraiment été étonné par la qualité de ces enceintes. Le bruit phénoménal, les écrans géants, les shows… tout est très américain.
Pour l’ambiance autour, l’excitation monte les jours de match des équipes du Canada et des États-Unis – je ne suis pas allé au Mexique. Mais ce sont davantage les pays visiteurs qui créent l’effervescence. Ce Mondial permet aux États-Unis d’être « éduqués » au foot. Petit à petit, les Américains se prennent au jeu. Reste qu’on est encore loin des grosses ambiances du hockey sur glace, par exemple.
J’étais impatient de participer à une Coupe du monde en tant que consultant. Je voulais découvrir ce monde-là. En tant que joueur, ce milieu faisait partie de mon quotidien, tout en étant tenu à l’écart. Ce qui me plaît, c’est d’apporter des analyses. Je veux parler foot. J’échange avec certains joueurs qui me disent que ça me va plutôt bien. Ils sont assez surpris – en bien – de la manière dont je me débrouille.
Je peux me permettre de me mettre à leur place pour comprendre différentes situations. Je ne veux pas de cette étiquette de journaliste. À un certain moment, on peut les sentir supporters et avoir du mal à comprendre l’instant. Ils interprètent trop. Mon rôle est d’apporter mon vécu. Je ne veux ni critiquer ni dénigrer, je suis dans l’échange. Je veux que les joueurs soient à l’aise de parler avec moi de mes analyses.
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Je découvre que, finalement, j’ai cette facilité à parler foot. C’est intense parce qu’il y a beaucoup de matchs, mais j’aime ça. Quand je jouais, j’avais cette adrénaline. Désormais c’est différent, mais j’ai une autre excitation avant que le match commence. Le seul petit bémol, ce sont voyages. Tout est assez long. Il nous arrive de faire trois ou quatre heures de voiture sous la pluie et les orages. On ne vit pas cela quand on est joueur. Mais je suis tellement passionné que je vis le moment à fond.