Le Canada tourne la page Trudeau
Antoine Malo
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Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada, s'exprime lors d'une conférence de presse à Montréal, le 25 février 2025.
LTD/ANDREJ IVANOV/AFP
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Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada, s'exprime lors d'une conférence de presse à Montréal, le 25 février 2025.
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« Ça a été l'honneur de ma vie de servir ce pays. » Jeudi, lors de ce qui restera comme l'une de ses dernières conférences de presse en tant que Premier ministre du Canada, Justin Trudeau s'est un peu laissé envahir par l'émotion. Après neuf ans passés au pouvoir et une fin de règne chaotique, le dirigeant démissionnaire va passer la main, à seulement 53 ans. Aujourd'hui, son mouvement, le Parti libéral, vote pour désigner son nouveau leader. De facto, le vainqueur deviendra le prochain chef du gouvernement.
S'ils sont quatre à briguer le poste, un candidat se détache : Mark Carney, bientôt 60 ans, ancien patron des banques centrales canadienne et britannique. « Il est largement en avance dans les sondages et bénéficie du soutien de la majorité des députés du parti », souligne le politologue Daniel Béland, de l'université McGill à Montréal. C'est aussi lui qui a récolté le plus d'argent au cours de la campagne pour cette primaire.
S'il s'est bien gardé de l'adouber publiquement, Justin Trudeau a également fait le choix de Carney. « Ils sont proches, assure l'avocat David Heurtel, ancien ministre de l'Environnement québécois. À plusieurs reprises, Trudeau lui a demandé d'entrer au gouvernement. » L'ex-grand argentier a toujours refusé, préférant un poste moins exposé de conseiller.
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Cela n'empêche pas la plupart des membres de l'actuel exécutif de le soutenir, délaissant sa grande rivale, l'ancienne ministre des Finances Chrystia Freeland. Catholique revendiqué, Carney a en outre l'avantage de recentrer le parti, que beaucoup jugent trop à gauche. « Tandis que Trudeau avait concentré son discours sur les questions sociales et d'identité, reprend Daniel Béland, lui reste concentré sur les thèmes économiques. »
Antoine Malo
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