Il est un peu plus de 1 heure du matin à Caracas, samedi 3 janvier, lorsque de premières détonations tirent la ville de son sommeil. Dans plusieurs quartiers de la capitale vénézuélienne, la nuit s’interrompt brutalement. « On dormait et un énorme souffle nous a réveillés d’un coup », raconte Enrique*, qui dit avoir tout entendu depuis son appartement situé en hauteur. Très vite, d’un bout à l’autre de la capitale, les habitants comprennent que quelque chose d’inhabituel se passe.
« Nous sommes loin des zones militaires, raconte Marielis, habitante du quartier de Las Palmas, dans le nord de la ville. Mais un voisin a commencé à crier : “Ils sont arrivés, réveillez-vous, ils sont là, on est enfin libres !” Alors je me suis levée et j’ai entendu des explosions qui ressemblaient à des feux d’artifice. » Selon elle, des avions auraient survolé la ville. « Le ciel était très couvert, on ne voyait absolument rien mais on les entendait clairement, affirme-t-elle. Cela a duré environ une heure. »
Les explosions ont visé le plus grand complexe militaire du pays, le fort Tiuna, qui abrite entre autres le ministère de la Défense et l’académie militaire. Vers 3 heures du matin, Nicolás Maduro annonce par un communiqué officiel qu’il décrète l’état d’exception et appelle à la mobilisation, sans mentionner explicitement d’intervention étrangère. Une déclaration qui confirme toutefois que le Venezuela est bien attaqué.