Le 13 juin 2025, l’avion officiel du Premier ministre israélien, Aile de Sion, atterrit à l’aéroport Eleftherios-Venizelos d’Athènes. Benyamin Netanyahou est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Si le dirigeant se trouve dans l’appareil, la Grèce, membre de la CPI, est donc dans l’obligation de l’arrêter. L’atterrissage de l’avion du chef du gouvernement israélien irrite alors l’opposition et une partie de l’opinion publique à Athènes.
Ce jour-là, Israël et les États-Unis viennent de lancer la « guerre de douze jours » contre l’Iran, qui réplique quelques heures plus tard contre l’État hébreu. Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis affirme que l’appareil ramenait seulement d’Israël son ambassadeur en Grèce. Mais à la question de savoir si Benyamin Netanyahou serait arrêté s’il venait à fouler le sol grec, le porte-parole du gouvernement botte en touche.
Investissements israéliens
Au fil des guerres contre la bande de Gaza, l’Iran et le Liban, Israël s’est progressivement isolé sur la scène internationale. Alors que la Grèce fut le dernier pays européen à avoir reconnu l’État d’Israël, en 1990, elle est paradoxalement devenue un de ses plus fidèles alliés au sein de l’UE.
« Jusqu’en 2010, la Grèce était de loin l’État européen le plus propalestinien, rappelle Dimitris Christopoulos, professeur de sciences politiques à l’université Panteion d’Athènes. Mais la détérioration des relations entre Israël et la Turquie, après l’attaque israélienne contre le navire turc Mavi Marmara qui devait livrer de l’aide humanitaire à Gaza [lors d’un précédent blocus du territoire palestinien en 2010], a tout changé. » La Grèce et Israël partagent désormais un adversaire commun dans la région : la Turquie. « Comme me l’a dit l’ancien ambassadeur grec à Tel-Aviv, la Grèce avait besoin d’une protection, elle était à genoux à cause de la crise économique [2010-2018] et elle a sauté dans les bras d’Israël », résume Dimitris Christopoulos.