Délimitée par la ligne jaune définie dans le plan Trump, 58 % de l’enclave est occupée par Israël. C’est pourtant là que se trouvent les terres agricoles, vitales pour le territoire.Ils n’ont pas osé se déplacer. Leur hectare de terre, autrefois riche en concombres, tomates, pommes de terre et surtout fraises, se trouve près de Beit Lahia, dans l’extrême nord-ouest de la bande de Gaza. « On a voulu y aller juste après le dernier cessez-le-feu [du 10 octobre] mais on a compris que c’était impossible, déplore Akram Abou Khoussa, à la tête de l’exploitation avec ses quatre frères. Nos terrains se situent de l’autre côté de la ligne jaune. » La ligne jaune, une démarcation instaurée par le plan de paix de Donald Trump.
Ce dernier prévoit un retrait partiel et par étapes de l’armée israélienne. Depuis le 20 octobre, Tsahal s’est donc repositionnée d’un côté d’une ligne qui coupe Gaza en deux. À l’ouest, les 2,2 millions de Palestiniens, sur 42 % de leur territoire, entassés dans les dunes côtières et les gravats des villes. Au nord, à l’est et au sud, l’armée israélienne, où se trouve une grande partie des terres agricoles de -l’enclave.
Une annexion qui se profile
Les frères Abou Khoussa savent qu’il ne reste rien de leurs champs et de leurs maisons. Tout a été détruit après le 7-Octobre, quand l’armée israélienne a lancé son offensive sur le territoire palestinien. Avant leur saccage, ces terres étaient bien plus qu’une exploitation agricole, transmise de père en fils. C’était une ferme touristique. Les familles venaient s’y promener le week-end, dans la brise du bord de mer non loin, les enfants s’amusaient à cueillir les petits fruits mûrs.