Vulnérable, impuissante, et piégée. Sept semaines après le début d’une guerre dont elle avait répété ne pas vouloir, l’Arabie saoudite accuse le coup. Et reste méfiante, les annonces d’ouverture et de fermeture du détroit d’Ormuz s’étant succédé depuis vendredi 17 avril. L’allié des États-Unis dans le Golfe sait surtout mieux que quiconque à quel point le président américain peut être versatile et erratique.
Et Riyad n’a pas oublié les commentaires du milliardaire sur le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman (MBS). Pendant un discours lors d’une conférence sur des investissements en Arabie saoudite, fin mars à Miami, Donald Trump avait lâché à propos de MBS : « Il ne pensait pas qu’il devrait me lécher les bottes. »
Les attaques américano-israéliennes lancées sur l’Iran, le 28 février, ont été une catastrophe pour les pays du Golfe, dont son géant, l’autoritaire royaume wahhabite. En représailles, les Iraniens ont lancé des milliers de missiles et de drones sur ces États, visant des installations militaires des bases américaines, mais aussi des infrastructures pétrolières et gazières, des pipelines.
« Les Émirats arabes unis ont été plus touchés que l’Arabie saoudite, mais il faudra tout de même des mois à cette dernière pour remettre en état ses infrastructures, explique Agnès Levallois, présidente de l’Iremmo (Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient). L’image de tous ces pays qui se vendaient comme des havres de paix, de stabilité et de bonheur pour les investisseurs a largement été écornée. »