Dans son dernier « Livre beige », la Réserve fédérale américaine alerte sur les répercussions du conflit au Moyen-Orient. Entre envolée des prix des carburants et incertitudes géopolitiques, les entreprises gèlent leurs investissements et subissent une compression de leurs marges.
La guerre au Moyen-Orient a déjà des conséquences sur les entreprises américaines. C’est ce que rapporte la Fed, la Réserve fédérale américaine, dans son « Beige Book » (le Livre beige, NDLR). Un rapport qui fait un point sur la situation économique du pays.
« Le conflit au Moyen-Orient a été cité comme une source majeure d'incertitude qui a compliqué la prise de décision en matière d'embauche, de tarification et d'investissements, de nombreuses entreprises ayant adopté une attitude attentiste », explique notamment la banque centrale américaine.
Le blocage du détroit d’Ormuz a entraîné une augmentation des prix des carburants. De quoi provoquer une hausse du coût du transport et d’expédition pour les sociétés. Plus largement, les prix des intrants, et les produits dérivés du pétrole comme le plastique, ont monté en flèche. « De manière générale, la hausse des coûts des intrants a dépassé celle des prix de vente, ce qui a comprimé les marges », note le Livre beige. Le secteur de l’agriculture est aussi touché avec la hausse du prix des engrais, directement liée au conflit.
Une consommation en berne
La hausse des prix touche également les ménages américains, qui voient leur pouvoir d’achat davantage se réduire et qui se concentrent dès lors sur les biens de première nécessité. Si la consommation se réduit, les entreprises revoient à la baisse leurs perspectives.
Certains secteurs sont plus affectés que d’autres, rapporte la Fed. C’est le cas de l’automobile qui a enregistré des ventes atones. L’hôtellerie et la restauration ont aussi été malmenées dans certaines régions, notamment à Boston ou encore New York.
Les entreprises déjà touchées par les droits de douane
Un contexte d’incertitude pour les entreprises américaines, déjà touchées depuis l’année dernière par la mise en place des droits de douane du président américain. L’offensive commerciale de Donald Trump a notamment complexifié la planification des prix pour les sociétés.
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Si la mise en place de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium a permis en partie de protéger les groupes du secteur, elle a aussi alimenté les hausses des prix de ces métaux en tant que biens intermédiaires. Des matières premières plus élevées qui ont même réduit les marges de certaines entreprises de plus de 20 %, rapportent les témoignages de la Fed.
La guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix mécontentent les Américains. Un contexte qui n'est pas favorable à Donald Trump à l'approche des midterms, les élections de mi-mandat. La cote de popularité du président est au plus bas dans les sondages du mois d'avril. Les démocrates pourraient alors rafler la majorité au Congrès face aux républicains en novembre.