En octobre 2017, il y a celles qui osent raconter à visages découverts qu’elles ont été harcelées, agressées ou violées par Harvey Weinstein. Il y a celles qui, anonymement le plus souvent, brisent le code de silence imposé au sein de ses sociétés de production pour témoigner auprès des journalistes des pratiques toxiques, voire criminelles, mises en place par le puissant « boss » avec la complicité de plusieurs de ses cadres. Et il y a celle que l’on n’attendait pas mais dont la prise de parole achève « l’ogre de Hollywood ».
Sa femme, la styliste britannique Georgina Chapman, avec qui il a eu deux enfants, publie un communiqué lapidaire quelques heures après la parution de l’article de Ronan Farrow dans le New Yorker : « Mon cœur se brise pour toutes les femmes qui ont souffert d’une peine énorme en raison de ces actions impardonnables. J’ai décidé de quitter mon mari. » Devant la rigueur des investigations et l’implacabilité des récits des victimes dont le nombre grossit, le « je te crois » s’impose. En décembre, on dénombre six femmes qui accusent Weinstein de viols, les comédiennes Lysette Anthony, Asia Argento, Rose McGowan et Lucia Evans notamment, et des dizaines d’autres de harcèlement et d’agressions sexuelles.