Devant le conflit qui dure et la mort de premiers soldats au Liban, les Israéliens accordent de moins en moins de crédit à leur Premier ministre. Et s’opposent aux restrictions de manifester leur opposition.Le soir de Pessah, la Pâque juive, mercredi 1er avril, une image s’est imposée comme le symbole de cette fête sous tension, largement diffusée par les médias israéliens. Lors d’une alarme annonçant l’arrivée de missiles, un soldat réserviste s’est allongé sur le bas-côté d’une route. Sur l’asphalte, les larges bras du père entourent le corps accroupi de son bébé de 8 mois, comme un abri pour le protéger d’éventuels éclats.
Sa famille, comme beaucoup d’Israéliens, a été surprise par les sirènes. À Tel-Aviv, les repas sont régulièrement interrompus, les chaises laissées en désordre, et les familles enchaînent les allers-retours vers les abris. Entre deux alertes, la même question revient : combien de temps encore ? Cinq semaines après le début de la guerre contre l’Iran, l’espoir d’une séquence brève s’est dissipé.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Donald Trump a évoqué, lors de son allocution, une opération susceptible de durer encore « deux à trois semaines », tout en laissant planer l’incertitude sur la suite. Mais sur le terrain, les fronts israéliens se multiplient, et l’opération lancée le 28 février avec les États-Unis reste sans horizon clairement défini. Un flou stratégique qui se répercute dans l’État hébreu.
Un début d’usure
Selon un récent sondage de l’Israel Democracy Institute, le soutien à la guerre reste majoritaire mais il s’érode nettement. Parmi les Israéliens juifs, 78 % soutiennent encore sa poursuite, contre 93 % lors de la première semaine du conflit. La part des opposants a presque triplé, passant de 4 % à 11,5 %. Plus révélateur encore, l’intensité du soutien recule : ceux qui se disent « fortement » favorables ne sont plus que 50 %, contre 74 % au début. Une évolution qui traduit un début d’usure.