The Best Immigrant : une série dystopique qui imagine un jeu télé pour gagner un titre de séjour

The Best Immigrant et The Miniature wife, disponibles sur France.tv et Canal+.
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The Best Immigrant et The Miniature wife, disponibles sur France.tv et Canal+.
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Dès les premières secondes, nous voilà prévenus : « Cette histoire n’est pas basée sur des faits réels mais sur une histoire qui se rapproche un peu trop. » Direction la Flandre, dans un avenir proche, où le parti d’extrême droite VPV vient de remporter les élections. Parmi les premières mesures décrétées : la scission avec la partie francophone du pays mais surtout l’arrestation et l’expulsion immédiates de toutes les personnes nées en dehors du territoire flamand.
Directement visés, Muna (Jennifer Heylen) et Jamal (Farouk Jomâa Naoui Ben Ali) – un couple d’enseignants trentenaires originaires du Soudan pour elle et de la Libye pour lui – acceptent la mort dans l’âme de participer à l’émission The Best Immigrant. Idem pour Lily (Evelyne Chen), une jeune Chinoise, ou encore Samuel (Noah Mavuela) et Isaac (Noa Tambwe Kabati), deux frères congolais.
« Il s’agit d’une télé-réalité qui offre un titre de séjour au gagnant, explique Michael Abay, le réalisateur de la série. Les épreuves permettent de déterminer qui est vraiment un “bon Flamand”. » Devant un public hilare et un animateur aussi lisse que son costume, les candidats enchaînent les défis linguistiques, d’histoire ou de cuisine traditionnelle. Dans une ambiance tout sauf bon enfant.
Car l’humiliation, la peur et la violence des relations façon Squid Game rythment ce show télévisuel mené tambour battant sous le regard cynique de sa productrice, Lauren (Charlotte Timmers), planquée en régie. « On a voulu montrer jusqu’où pouvait mener la déshumanisation, confie Michael Abay. Lorsque les politiques parlent des immigrés, ils oublient souvent que derrière les chiffres il y a des familles et des personnes vulnérables en grande souffrance. »
Très remarquée lors du dernier festival Séries Mania, cette série disponible sur France.tv a été diffusée en première fenêtre en décembre sur la plateforme belge Streamz. Avec à la clé des réactions courroucées de certains dirigeants politiques, à l’image de Filip Dewinter, député régional du parti d’extrême droite Vlaams Belang, qui a dénoncé une « propagande multiculturelle qu’on fait passer pour de la fiction » ainsi qu’une caricature de son parti.
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« Ça nous a fait de la publicité, sourit Michael Abay. Une sorte d’effet Streisand. Car juste après ses déclarations, les journalistes politiques ont commencé à s’intéresser à la série, qui était passée jusqu’alors un peu inaperçue. » Et le réalisateur d’assumer cet emprunt aux codes de la télé-réalité, qui peut secouer, déranger, et même choquer. « Très souvent, les documentaires ou les séries sur l’immigration sont très “intellectualisés”. Ici, nous voulions au contraire proposer un programme populaire et accessible au plus grand nombre afin d’ouvrir le débat. »
Mission réussie tant cette dystopie glaçante de réalisme saisit le spectateur, témoin de cette cruauté. Avec en toile de fond une critique acerbe de la société du spectacle plaçant l’audimat au-dessus de la dignité humaine. À ne pas louper.
The Best Immigrant, série (5×45’) créée par Christina Poppe et Raoul Groothuizen. Disponible sur la plateforme France.tv avant une diffusion à l’antenne à la rentrée. 4⭐/5
Petit format, maxi dégâts 4/5
À première vue, le « pitch » de la série The Miniature Wife – diffusée à partir de jeudi sur Canal+ – a de quoi laisser circonspect. À la suite d’un accident provoqué par un mari inventeur aussi brillant qu’égocentrique, la femme de celui-ci se retrouve réduite à une quinzaine de centimètres. La faute à une machine censée miniaturiser les cultures agricoles. En attendant que son époux trouve la formule lui permettant de retrouver sa taille, la voilà condamnée à s’installer dans une maison de poupée. Malgré quelques défauts, notamment des dialogues pas toujours des plus subtils, ce Chérie, j’ai rétréci les gosses version conjugale se révèle savoureux. Tout au long des dix épisodes, cette fable absurde signée Jennifer Ames et Steve Turner – d’après une nouvelle de Manuel Gonzales – ausculte avec beaucoup de justesse les ressorts d’un couple en crise. Car ce changement d’échelle n’est en réalité que le catalyseur des tensions et non-dits enfouis depuis des années. Une série portée à bout de bras par Elizabeth Banks et Matthew Macfadyen, impeccables dans cette comédie de science-fiction miniature à l’humour décapant.
The Miniature Wife, série (10×52’) créée par Jennifer Ames et Steve Turner, à partir du 9 juillet à 21 h 06 sur Canal+.