L’« Atlas du bonheur », qui recense les endroits où il fait bon vivre, a placé Erfurt sur la première marche du podium national cette année : c’est dans cette ville moyenne en plein centre de l’Allemagne qu’on s’épanouirait le plus. Pourtant, ce week-end, la cité médiévale est le théâtre d’une grande colère. Dans une ambiance électrique, des dizaines de milliers de manifestants tentent de saboter le congrès annuel du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Ses délégués, dont plusieurs sont déjà surveillés pour leur radicalité politique, n’accèdent au centre des expositions que sous protection policière. Ces deux Allemagne face à face ne sont pas seulement un condensé des divisions de la société ; elles illustrent l’échec du système Merz.
À l’intérieur comme à l’extérieur de la salle du congrès, le chancelier cristallise les frustrations. « Dès qu’on mentionne son nom, les gens montent sur les barricades », constate l’écrivaine Jutta Falke-Ischinger qui vient de signer une biographie du leader conservateur. Les noms d’oiseaux et les attaques ad hominem fusent des deux côtés, amplifiés par les réseaux sociaux. « Si vous regardez ce qui circule sur moi, la manière dont on m’attaque et dont on m’avilit – aucun chancelier avant moi n’a eu à supporter cela », a déploré Merz lui-même dans une interview au Spiegel donnée au printemps.