LA TRIBUNE DIMANCHE — La guerre en Iran entre dans son quatrième mois. Avec quelles conséquences pour le trafic aérien ?
PHILIPPE PASCAL — La bonne nouvelle, c’est que le trafic à Paris reste en croissance par rapport à l’année précédente, ce qui correspond à nos prévisions. Nous les maintenons pour 2026, avec une croissance entre 1,5 % et 2,5 %, malgré les incertitudes. L’impact, même modéré, a été plus perceptible lors des deux premiers mois du conflit, en mars et avril, avec une baisse des vols vers le Moyen-Orient. Le trafic vers cette région est aujourd’hui revenu à 85 % de son niveau initial. Nous sommes confiants pour cet été. Les programmes des vols sont bien fournis, Paris continue de susciter le désir des voyageurs et nos équipes sont prêtes à les accueillir : l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (Paris-CDG) vient d’être classé pour la cinquième année d’affilée meilleur aéroport européen.
Si les craintes d’une possible pénurie de kérosène cet été se sont dissipées, des inquiétudes subsistent pour la rentrée. À raison ?
Il faut éviter les prophéties autoréalisatrices. Paris bénéficie d’une situation atypique et avantageuse : notre hub est directement relié à deux raffineries du Havre par pipeline. Nous n’avons donc actuellement aucun problème d’approvisionnement en pétrole brut, et les raffineries produisent 60 % du kérosène. Cela nous donne une visibilité qui fait défaut à d’autres acteurs européens. Le sujet majeur reste le prix, en particulier pour les compagnies : le kérosène est aujourd’hui deux fois plus cher qu’en début d’année. Or son coût représente en temps normal entre 25 % et 30 % du prix d’un billet d’avion. Et encore davantage aujourd’hui.