Les tensions géopolitiques actuelles, notamment au Moyen-Orient, ont-elles des conséquences sur vos activités ?
Le conflit iranien ne nous touche que de façon indirecte : nous sommes peu présents dans cette région, à l’exception d’une activité de signalisation ferroviaire à Riyad, en Arabie saoudite. Mais ces impacts, même indirects, n’en sont pas moins majeurs. Le premier est bien entendu l’augmentation du coût de l’énergie, qui affecte l’ensemble des produits – manufacturés ou non. Le second concerne les grands projets structurants partout dans le monde, dont un certain nombre sont financés par les fonds d’investissement du Moyen-Orient, à Abou Dhabi, à Dubaï ou au Qatar. Toute la question est de savoir si ces États vont amplifier leurs investissements à l’étranger ou s’ils devront au contraire rapatrier ces capitaux, pour reconstruire leurs propres infrastructures endommagées par la guerre.
Ce conflit met une fois de plus l’accent sur l’urgence de la décarbonation. Où en est-on de la transition énergétique ?
L’augmentation des besoins énergétiques planétaires reste supérieure à la croissance des énergies décarbonées. Si on ne décarbone pas l’électricité, les transports et la chaleur industrielle, qui sont les trois éléments clés, il est impossible de respecter les engagements pris entre autres dans le cadre des accords de Paris. Or, pour décarboner, le photovoltaïque et l’éolien ne suffisent pas. On a besoin du nucléaire et de l’hydraulique. Ces deux énergies partagent des caractéristiques identiques : des efforts initiaux d’investissements très importants et de faibles coûts de fonctionnement. Sans oublier des délais de développement longs, avec des problèmes d’acceptation locale. En Europe, le potentiel hydraulique est saturé. Il ne reste donc quasiment que le nucléaire pour garantir une puissance alternative décarbonée.