Il a fallu une modification de nom pour mettre le feu aux poudres. Peu de temps après l’annonce par la ministre Camille Galliard-Minier de sa volonté de renommer les Ehpad « Maisons France Autonomie », le 24 avril, les réactions ont été vives. « Ce changement d’appellation ne règle en rien les enjeux de gouvernance et de financement, pas plus qu’il n’efface les renoncements successifs aux plans grand âge annoncés ces dernières années », a tempêté Olivier Richefou, président du département de la Mayenne et président du groupe de travail grand âge de l’Assemblée des départements de France.
Sur les réseaux sociaux, passé les moqueries sur le nom, les internautes ont surtout pointé du doigt le coût d’une telle mesure, alors que les Ehpad sont actuellement en pleine crise. Et pour cause, dans une enquête de 2025, la Fédération hospitalière de France (FHF) dénombre 70 % des Ehpad publics en déficit financier. En Île-de-France, ce taux monte à 80 %. Et ce en raison de multiples facteurs tels que l’inflation et les hausses de salaires non compensées, ou encore une baisse de la fréquentation liée au scandale Orpea de 2022.
Les Ehpad plaident également pour une aide au recrutement de personnels soignants. Les métiers du secteur souffrent d’un manque de valorisation et d’une rotation importante des salariés (plus de 15 % d’entre eux ont moins d’un an d’ancienneté), ainsi que d’un taux d’absentéisme trois fois supérieur à la moyenne nationale. Une situation qui s’explique en partie par un nombre d’accidents du travail deux fois plus élevé que dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics.