La formule gagnante de La Rosée face aux géants de la dermocosmétique

Coline Bertrand présente des produits La Rosée.
LTD / La Rosée

Coline Bertrand présente des produits La Rosée.
LTD / La Rosée
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L’une des dernières marques de dermocosmétique arrivées en pharmacie est aussi l’une de celles qui progressent le plus vite sur un marché pourtant très encombré. Avec ses couleurs pastel, ses formules courtes et ses prix « abordables », La Rosée, créée il y a dix ans par Coline Bertrand et Mahault de Guibert avec seulement une huile pour la douche et des crèmes visage et corps, propose désormais une gamme de 47 produits, y compris des dentifrices (adulte et enfant) et des solaires. Parmi les clés de ce succès, « un bouche-à-oreille exceptionnel, puisque 71 % de nos clients souhaiteraient racheter un produit dans les deux mois », détaille Coline Bertrand.
Les deux fondatrices, qui se sont rencontrées pendant leurs études de pharmacie à Lyon, ont délibérément opté dès leurs débuts pour une stratégie respectueuse de l’environnement comme du consommateur : pas d’emballages secondaires, transparence des étiquettes, produits rechargeables, absence d’ingrédients jugés nocifs (parabène, phtalates, perturbateurs endocriniens…) et des formules détaillées disponibles sur le site. Sans oublier un partenariat avec l’ONG Urgence Planète (« 1 euro = 1 arbre planté »).
« Nous avons été certifiées B Corp en 2024 », se félicite Coline Bertrand. Ce label, qui distingue les entreprises engagées dans une démarche sociétale et environnementale, consacre « ’authenticité et la cohérence » de leur démarche, selon la cofondatrice et dirigeante. La marque s’est progressivement imposée dans un univers dominé par des géants, dont Avène et La Roche-Posay, en devenant la quatrième en volume du marché français des dermocosmétiques, évalué à 2,5 milliards d’euros en 2025 (+ 7,5 %).
La fabrication est assurée depuis dix ans par des façonniers, ces professionnels de la cosmétique, installés notamment en Ardèche et en Normandie. « La majorité de nos fournisseurs sont installés en France, et quelques-uns en Europe », précise Coline Bertrand.
Grâce à une première levée de fonds de 200.000 euros (le « love money »), suivie par deux autres, pour un total de 1,7 million d’euros, les deux pharmaciennes – Mahault de Guibert ayant également suivi le cursus d’HEC Entrepreneurs – ont méthodiquement démarché les officines elles-mêmes pour obtenir la signature de bons de commandes, avant d’embaucher leurs premières responsables commerciales deux ans plus tard.
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« C’était l’époque des marques très techniques, qui revendiquaient la complexité de leurs actifs. Nous avons pris le contre-pied, en misant sur la simplicité d’ingrédients naturels, réputés pour leur efficacité », explique Coline Bertrand. Autre spécificité, des prix volontairement bas, de 15 euros en moyenne et toujours inférieurs à 30 euros. La Rosée s’appuie aujourd’hui sur un réseau de 9000 pharmacies en France, soit une officine sur deux.
L’entreprise, rentable depuis 2019, a réalisé 100 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier et emploie aujourd’hui 200 salariés en France. Et une cinquantaine de personnes à l’international, puisque La Rosée s’est implantée dans treize pays (Belgique, Espagne, Turquie, Canada, mais aussi en Corée du Sud, l’un des marchés phares du secteur dans le monde). Parmi les projets de développement, le duo veut proposer « l’essentiel des produits de la salle de bains », en élargissant la gamme existante aux basiques du maquillage.
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