L’industrie cosmétique française (représentée par Marc Antoine Jamet à gauche) a signé en avril 2025 un accord de coopération avec le complexe de Souss Massa au Maroc, présidé par Rachid Al Ariahi (à droite). En ligne de mire, la valorisation de la...
La filière hexagonale, première exportatrice mondiale de produits cosmétiques, est dans un creux. En cause, la hausse des tarifs douaniers américains et l’attrition du marché chinois. Plusieurs stratégies se dessinent pour compenser.
Habituée à des progressions annuelles de l’ordre de 7%, la très prospère cosmétique française (70 milliards de chiffre d’affaires en 2025) a de quoi en vouloir à Donald Trump. Sa décision de juillet 2025 de taxer les produits européens de 15% (2% auparavant) a été accompagnée fin août de droits de douanes additionnels de 50 % sur les composants métalliques des emballages.
« Ces mesures se traduiront pour la filière par une perte annuelle de quelque 620 millions d’euros, représentant une baisse de 21%, a expliqué le 15 janvier lors du bilan annuel de la filière à Chartres, Marc-Antoine Jamet, secrétaire général de LVMH et président de Cosmetic Valley, le cluster de l’industrie cosmétique française. Les États-Unis restent néanmoins le premier client à l’export de la cosmétique hexagonale avec près de trois milliards d’euros en 2024 ».
La Chine, quatrième zone de chalandise pour la cosmétique Made in France (1,5 milliard d’euros), est également en baisse en 2025, cette fois-ci en raison du ralentissement de la consommation domestique.
« La stratégie du pays est majoritairement tournée vers les exportations à bas coût, tout en freinant les importations afin de favoriser son industrie domestique, a poursuivi Marc-Antoine Jamet. En matière de cosmétique, celle-ci est par ailleurs de plus en plus premium et concurrentielle pour nos produits ».
Conjugués, le net recul aux États-Unis et la baisse plus relative en Chine pourraient entrainer, à moyen terme, des pertes d’emplois à hauteur d’environ 11 000 personnes (2 700 directs et 8 200 indirects) en France, selon le dirigeant du groupe de luxe.
Mercosur et Ouzbékistan en ligne de mire
Si la France reste en 2025 le premier exportateur mondial de cosmétiques avec un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros représentant une part de marché de 14%, elle doit d’une part consolider ses positions et d’autre part diversifier rapidement ses implantations pour conserver dans l’avenir son leadership.
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« Le redémarrage attendu en 2026 de l’économie allemande, après deux ans de récession, et la forte augmentation constatée des exportations en Espagne et en Pologne permettent de relativiser le trou d’air de la cosmétique française en 2025, explique Sylvain Bersinger, économiste auteur d’un rapport sur le secteur.