ENTRETIEN EXCLUSIF – Malgré la dégradation de plusieurs indicateurs clés comme la croissance, le chômage ou l’inflation, le ministre de l’Économie et des Finances refuse un « pessimisme exagéré ».LA TRIBUNE DIMANCHE — Le G7 finances présidé par la France s’ouvrira demain. Qu’attendez-vous de cette réunion ?
ROLAND LESCURE — La question se pose parfois du rôle que peut encore jouer cette instance – créée par la France en 1975 - dans le contexte géopolitique actuel. Je suis pour ma part convaincu de son importance, d’autant que les événements de ces derniers mois, à commencer par l’évolution du conflit en Iran, démontrent que la loi du plus fort n’est pas la meilleure, ni la solution. Et que le multilatéralisme demeure essentiel, tout comme la voie diplomatique.
On observe notamment un changement de ton entre la Chine et les États-Unis, passant de l’affrontement au dialogue. Chacun réalise l’intensité de nos vulnérabilités communes dans un monde interconnecté. Le G7 finances, dont c’est la septième réunion en cinq mois, revêt une importance particulière en temps de crise et sait prendre des décisions concrètes, avec des résultats -tangibles.
Lesquels ?
Sous notre impulsion, nous avons coordonné la libération des stocks stratégiques de pétrole pour stabiliser les marchés. Pour y parvenir, j’ai réuni, sous l’impulsion du président de la République et de manière inédite, les ministres des Finances et de l’Énergie ensemble. Lundi 18 et mardi 19 à Bercy seront abordés des sujets essentiels comme la sécurisation de notre accès aux terres rares ou aux engrais – un défi majeur pour la sécurité alimentaire mondiale – et l’aide aux pays les plus vulnérables.
Notre modèle social nous rend plus résistant aux chocs.