Si les données de la consommation des ménages en mars ne seront connues que dans une semaine, celles de février – soit dès avant le déclenchement des hostilités en Iran – accusaient déjà une baisse. Selon l’Insee, les dépenses de consommation de biens des ménages en France se sont en effet repliées nettement, en reculant de 1,4 % sur un mois, après une hausse de 0,4 % en janvier.
Outre le recul des dépenses en énergie, dû à un hiver très doux, la consommation de biens fabriqués s’est également réduite (-1,7 % en février, après +1,1 % en janvier), en raison d’un « net fléchissement des achats de biens d’équipement du logement » – meubles et produits électroniques –, mais aussi d’une chute des achats de voitures neuves. Le textile et l’habillement ont davantage souffert (-4 % après +3,6 % en janvier), mais la consommation alimentaire a elle aussi diminué de 0,5 %, après une légère hausse de 0,4 % en janvier.
Des signaux d’autant plus inquiétants que la consommation demeure le moteur traditionnel de la croissance en France, davantage que dans les autres grandes économies européennes. Or, selon une note de l’Insee publiée le 31 mars dernier, « la consommation des ménages serait freinée (+0,1 % au premier puis +0,2 % au deuxième trimestre) au premier semestre 2026 par le brusque regain inflationniste provoqué par la flambée des prix des hydrocarbures, dans le sillage du déclenchement de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran ». Ces chiffres pourraient être revus à la baisse, car l’enquête mensuelle sur le moral des ménages, publiée le 24 avril, témoigne d’une confiance en chute de 5 points.