La France va-t-elle élargir sa dissuasion nucléaire aux autres pays européens ? Lors de son allocution mercredi soir, Emmanuel Macron a confirmé « ouvrir le débat stratégique sur la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen », « répondant à l'appel historique du futur chancelier allemand [Friedrich Merz, NDLR] ». Le président français a toutefois assuré que la décision d'engager l'arme nucléaire « a toujours été et restera entre les mains du président de la République ».
Vendredi dernier, le chef de l'État s'était déjà dit prêt à « ouvrir la discussion » sur la dissuasion nucléaire européenne, après une demande en ce sens du futur chancelier allemand Friedrich Merz. « Si les collègues veulent avancer vers une plus grande autonomie et des capacités de dissuasion, alors nous devrons ouvrir cette discussion très profondément stratégique. Elle a des composantes très sensibles et très confidentielles, mais je suis disponible pour que cette discussion s'ouvre », a-t-il dit dans une interview aux chaînes portugaises RTP1 et RTP3.
Devant le spectaculaire rapprochement des États-Unis de Donald Trump avec la Russie, Friedrich Merz avait évoqué une nécessaire discussion avec la France et le Royaume-Uni, les deux puissances nucléaires en Europe, « sur la question de savoir si nous ne pourrions pas bénéficier du partage nucléaire, au moins de la sécurité nucléaire ».