Né en 1885 au sud de Paris, le fabricant de carnets parfumés est en odeur de sainteté en France et à l’international.À Montrouge, à la sortie du métro Barbara, juste avant le terminus de la ligne 4 du métro parisien, il flotte, dans l’air, une étrange odeur de vanille Et pour cause : à dix minutes de là, à pied, se trouve la petite usine de Papier d’Arménie, maison née en 1885 qui fabrique des carnets parfumés. Une fois à l’intérieur, Philippe Saconney, responsable de production depuis presque un quart de siècle, joue pour nous les guides.
Dans la première salle, ses équipes reçoivent du papier de Suède, certifié PEFC et imprimé à Toul, en Moselle. Chaque jour sont ainsi traitées 3000 feuilles, sachant qu’une feuille permet de fabriquer 5,3 carnets, en moyenne. Plongé dans une solution saline, le papier sèchera ensuite à l’air libre. Les feuilles sont collectées, séparées, puis alignées sous une masse, pour éviter qu’elles gondolent. Enfin, elles sont stockées – une fois retirées celles qui sont déchirées ou endommagées.
En parallèle, un autre ballet a lieu en sous-sol. Philippe Saconney nous ouvre une caisse de benjoin, résine d’un arbre du Laos qui contient de la vanilline. « Les villageois montent dans les arbres, y font des incisions et récupèrent le liquide, qui va sécher. Il devient, ce qu’on appelle une larme, qui contient de l’écorce, mais reste très friable », explique le chef d’atelier. Tous les deux ans, il en commande 4 tonnes.
Dans une salle annexe, le benjoin est plongé dans une cuve d’éthanol, fabriqué à partir de betterave française, qui lui donne une teinte brun-jaune. Il y macère deux mois, au cours desquels il est régulièrement brassé à la main. L’espace est ventilé, pour éviter les nuages de solvants. « À la moindre étincelle, tout peut exploser, mais tout est réglementé et contrôlé », assure Philippe Saconney.