Pourquoi ces élections municipales s'annoncent pleines de suspense
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Un buste de Marianne photographié dans une mairie.
LTD / Pierrick Delobelle / BERRY REPUBLICAIN /MAXPPP
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Un buste de Marianne photographié dans une mairie.
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De longue date – et de très loin –, les maires sont les élus qui inspirent le plus confiance aux Français. Pour autant, les élections municipales des 15 et 22 mars pourraient se dérouler dans une atmosphère enfiévrée.
D’un côté, les Français, désabusés, se détournent de la vie publique comme jamais pour se replier sur eux. De l’autre, les conséquences de l’émiettement de l’échiquier politique, ajouté à l’égotisme de l’époque, vont se faire là aussi pleinement ressentir. Au premier tour, le nombre de listes explose dans certaines villes, comme Dijon ou Avignon par exemple, et rend tout illisible.
Au second tour (il faut avoir passé la barre des 10 % des suffrages exprimés pour s’y qualifier), celui des triangulaires et quadrangulaires, voire quinquangulaires, devrait battre des records. Par nature, ce sont des configurations qui promettent des résultats imprévisibles. « Le bazar général de la société se reflète dans les municipales », conclut un ancien Premier ministre, alors que le désordre serait encore accentué si des législatives anticipées se tenaient le même jour, comme a menacé vendredi 9 janvier Sébastien Lecornu en cas de motion de censure adoptée. Dans ces conditions, un vent de dégagisme pourrait-il souffler sur nombre de localités ? Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Strasbourg, Bordeaux, Lille, Toulon, Saint-Étienne, Nîmes, Amiens… La liste des villes qui pourraient sur le papier changer de couleur est particulièrement longue.
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En 2020, le précédent scrutin avait été marqué par deux phénomènes. D’abord, il avait été chamboulé par l’épidémie de Covid. Le premier tour s’était déroulé sur fond de panique à la veille du premier confinement. Le second n’avait pas eu lieu une semaine plus tard, comme le veut la règle, mais trois mois après. Ces conditions inédites avaient fortement dégradé la qualité du débat et nui à la participation. Alors que les municipales attirent habituellement les Français aux urnes, l’abstention avait battu des records. S’élevant à 55 % au premier tour et 58 % au second, elle avait été supérieure de 20 points au cru antérieur. Ensuite, politiquement, c’est la percée des écologistes qui avait marqué les élections il y a six ans. Lyon, Strasbourg, Bordeaux – trois des dix plus grandes villes françaises –, Besançon, Poitiers, Tours et Annecy étaient tombés dans leur escarcelle.