Encore une fois, ils ont repris le chemin de Matignon. En début de semaine, la plupart des présidents de groupe de l’Assemblée nationale ont été reçus par Sébastien Lecornu pour faire un point sur l’évolution du projet de loi de finances 2026, pour l’instant encalminé. Depuis qu’il a succédé à François Bayrou, le Premier ministre les sollicite en permanence. « Il est sans arrêt sur leur dos », sourit le collaborateur de l’un d’entre eux.
Depuis les législatives de juillet 2024, l’Assemblée nationale compte onze groupes – un record –, et donc autant de présidents. Dans le casting composé de huit hommes et trois femmes, dont la moyenne d’âge est de 49 ans, on recense plusieurs poids lourds : Marine Le Pen (RN), Gabriel Attal (Renaissance), Laurent Wauquiez (LR), Éric Ciotti (UDR), Marc Fesneau (MoDem), Boris Vallaud (PS) et Mathilde Panot (LFI). Cyrielle Chatelain (Les Écologistes), Paul Christophe (Horizons), Stéphane Peu (PCF) et Christophe Naegelen (Liot) complètent la liste.
L’absence de majorité claire avait redéfini leur rôle. La stratégie adoptée par Sébastien Lecornu les oblige à poursuivre cette mue. « Nous n’avons pas le mode d’emploi. Nous avons basculé dans un régime incapable de dire ce qu’il est, nous n’avons pas de grammaire, admet le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, alors que l’Assemblée n’a jamais été conçue pour fonctionner avec autant de groupes parlementaires. On pense l’opposition comme on pense l’exercice du pouvoir. Nous sommes responsables de tout ce que nous faisons. »