L’alliance scellée entre Emmanuel Grégoire, David Belliard et Ian Brossat constitue un tournant dans la bataille pour la capitale. Suffisant pour contrer la dynamique de Rachida Dati ?Ils se sont retrouvés dans des cafés, au local parisien d’Emmanuel Grégoire dans le 11e arrondissement ou par écrans interposés, plusieurs fois par semaine… Il aura fallu quatre mois d’intenses négociations, de septembre à décembre, afin qu’un accord aboutisse à gauche pour les élections municipales à Paris. Derrière lui, le candidat socialiste a réuni l’écologiste David Belliard, le communiste Ian Brossat, Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, et L’Après.
C’est la première fois que socialistes et écologistes partent ensemble dès le premier tour. Ainsi David Belliard, 47 ans, a remisé ses ambitions. « C’est un renoncement pour lui, il voulait être maire de Paris et c’est une frustration pour les militants », reconnaît un cadre écologiste, qui défend toutefois un « accord historique ».
Pour convaincre les écologistes de rompre avec leur habitude de partir seuls, les socialistes ont dû mettre sur la table une carte importante : ils leur ont cédé la mairie du 11e arrondissement, en plus de celles du 14e et du 12e. Il a fallu convaincre le maire actuel, François Vauglin, proche d’Anne Hidalgo, de céder sa place à David Belliard. « Ça a été un moment difficile », admet un acteur PS des négociations. Selon l’accord, 36 écologistes seraient aussi éligibles contre 28 élus actuellement. Entre eux, il va falloir trouver un nouvel équilibre. Les trois hommes se connaissent très bien puisqu’ils ont tous été ou sont encore des adjoints d’Anne Hidalgo et gouvernent ensemble la capitale depuis 2001.
Le 14 janvier, ils mettront en scène leur union lors d’un meeting à La Bellevilloise. Ils se sont déjà accordés sur quelques grandes lignes du programme – revalorisation du périscolaire, service de garde d’enfant universel, objectif de 40 % de logement public, poursuite de la piétonnisation et du verdissement de la ville, gratuité partielle des bus, comme proposée par David Belliard – mais beaucoup reste encore à négocier, notamment l’épineuse question de l’avenir du Parc des Princes, qu’Emmanuel Grégoire a proposé de vendre. Début février, le député socialiste présentera son projet, auquel il intégrera des mesures écologistes et communistes. Un meeting sera organisé en mars, à quelques jours du scrutin.