OPINION. « Municipales, choisir la participation », par David Cluzeau, Maud Sarda, Pascal Demurger et Anne de Bayser

Chloé Vollmer-Lo / MAIF - Label Emmaus - Hugo Lebrun/UDES - Groupe SOS
LTD / DR

Chloé Vollmer-Lo / MAIF - Label Emmaus - Hugo Lebrun/UDES - Groupe SOS
LTD / DR
« Les 15 et 22 mars prochains, les Français éliront leurs équipes municipales et intercommunales. Ce scrutin façonne concrètement le quotidien, qu’il s’agisse de l’accès aux soins de proximité, du logement, de la petite enfance, de l’éducation, de l’accompagnement du vieillissement, des mobilités, du sport, de la culture, de l’emploi local ou des transitions écologiques : autant de secteurs d’activités largement investis et animés par l’économie sociale et solidaire. En réalité, bien plus que le choix d’une liste ou d’un nom, les Français décideront de l’avenir de leur territoire et du cadre de vie qui structurera les six prochaines années.
Par sa proximité avec la population, ce scrutin revêt une importance particulière pour nous dirigeants d’entreprises de l’économie sociale et solidaire, à la tête d’organisations qui certes emploient, produisent, innovent mais sont avant toute chose des constructions collectives, profondément ancrées dans les collectivités. Elles représentent près de 2,7 millions d’emplois de proximité et environ 10 % de la richesse nationale. Nos associations, fondations, mutuelles ou coopératives répondent à des besoins que ni le marché, ni l’État ne couvrent pleinement. Cette fonction sociale originelle demeure au cœur de notre modèle : l’activité économique y est indissociable de l’utilité sociale et s’exerce au plus près des habitants, dans ce « premier kilomètre de l’intérêt général » où se tissent les liens sociaux et se concrétise le principe républicain d’accueil universel.
À l’échelle nationale comme territoriale, les associations, fondations, mutuelles, rendent possibles des services essentiels dans la santé, la protection sociale, le logement, l’insertion ou la prévention, en coopération constante avec les collectivités et les acteurs locaux. Elles gèrent des établissements, animent des équipements de proximité, accompagnent des publics fragiles et contribuent à l’emploi non délocalisable. Au-delà, les entreprises coopératives, ou aussi les sociétés commerciales de l’ESS animent et structurent l’économie locale dans bien des domaines (l’agriculture et la pêche, la banque, la distribution commerciale, la petite industrie, l’énergie ou la mobilité…). Par son approche inclusive, les structures de l’économie sociale et solidaire renforcent la résilience et le développement social et économique des territoires. La démocratie locale n’est donc pas un principe abstrait et s’inscrit concrètement et au quotidien, dans ces partenariats et ces engagements.
C’est pourquoi notre prise de parole s’inscrit dans une responsabilité plus large : celle de chefs d’entreprise dont l’action est pleinement dans la vie de la cité et dont les décisions ont un impact social direct.
Voter, c’est choisir un projet de territoire. Les orientations retenues par les exécutifs locaux déterminent la place accordée aux initiatives collectives, à l’innovation sociale, à la coopération économique et aux modèles tournés vers l’utilité sociale. Elles conditionnent la manière dont seront soutenus les services de proximité et les dynamiques associatives. Participer au scrutin, c’est donc décider du modèle économique et social que nous voulons pour nos communes et intercommunalités.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

L’abstention ne règle rien : elle transfère simplement la décision à d’autres.
Notre appel n’est pas partisan, il est citoyen. Il est celui de dirigeants d’entreprises conscients de leur rôle au cœur de la société. Il relève d’une responsabilité collective et d’une exigence républicaine.
Les 15 et 22 mars, prenez quelques minutes pour décider de ce qui organisera vos six années de vie locale. Déplacez-vous. Votez.»
*Liste complète des co-signataires :