Le président LR de la région Hauts-de-France appelle les députés à adopter la proposition de loi Lafon et Savin, qui vise à réformer le football professionnel français.
Deux ans. Deux ans que le diagnostic est posé, que le texte est prêt, que tout le monde s’accorde et que rien n’avance. La proposition de loi n’est pas un texte de circonstance. Elle est le fruit d’une mission d’information dotée des prérogatives d’une commission d’enquête. Son constat, Football-business : stop ou encore ?, a réuni 338 voix au Sénat, une seule contre, en juin 2025. Quand une Chambre parle d’une seule voix, le pays attend une réponse.
Cette réponse, la voici : conforter les fédérations dans leur rôle de régulation, plafonner les rémunérations des dirigeants de ligues, confier à la Cour des comptes un véritable contrôle et, surtout, renforcer avec force la lutte contre le piratage des contenus sportifs, qui prive nos compétitions de ressources considérables.
Des mesures de bon sens, pas d’idéologie. Non pour punir le sport professionnel : pour le sauver de lui-même. Ce texte s’est nourri du travail courageux de la Fédération française de football, qu’il faut saluer.
Le football traverse la crise la plus profonde qu’il ait connue depuis longtemps. L’effondrement des droits télévisés, les renoncements en cascade des diffuseurs, les inégalités croisées entre clubs : le diagnostic se vérifie chaque semaine. Le remède, lui, attendait dans un tiroir.
Je parle en élu de terrain, en enfant des Hauts-de-France. Le 22 mai, au Stade de France, le RC Lens a soulevé pour la première fois de son histoire la coupe de France. Une marée Sang et Or, Les Corons, une fierté ouvrière qui ne s’achète pas. Ce club, deuxième du championnat, vient de prouver qu’avec un projet sérieux et l’amour d’un territoire on peut encore tenir tête aux plus riches. Voilà ce que le sport sait offrir.
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Équilibres financiers menacés
Mais cette belle histoire ne doit pas masquer la réalité. Dans nos régions, le sport n’est jamais une abstraction : c’est un club qui fait battre le cœur d’un bassin de vie, une formation qui sort des jeunes de la difficulté. Derrière l’émotion d’une finale, il y a des équilibres financiers menacés et un modèle qui se dérobe. Quand la gouvernance défaille, c’est toute la chaîne qui vacille, à commencer par les plus petits clubs amateurs. Cette loi ne menace pas les exploits comme celui de Lens ou d’autres clubs : elle les protège.
Chaque mois perdu a un coût : financier, parce que les recettes évaporées ne reviennent pas ; démocratique, parce que rien n’abîme davantage la confiance des citoyens qu’un Parlement qui sait, qui s’accorde et qui n’agirait pas.
Le Sénat a fait son travail. La commission de l’Assemblée nationale a fait le sien. Les sénateurs Lafon et Savin ont ouvert le chemin. Je souhaite que ce texte soit adopté par une large majorité de députés, qui serait la traduction du consensus qui traverse le pays sur ce sujet. Le sport français n’a pas besoin de prolongation, mais d’un coup de sifflet final. À l’Assemblée Nationale de conclure le match.