Jean Jouzel, paléoclimatologue et vice-président du Giec : « L’urgence est de s’occuper des écoles »
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Le paléoclimatologue et vice-président du Giec, Jean Jouzel.
LTD/Denis Allard/Leextra via opale
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Le paléoclimatologue et vice-président du Giec, Jean Jouzel.
LTD/Denis Allard/Leextra via opale
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous attendiez-vous à une canicule de si grande ampleur ?
JEAN JOUZEL — Oui. Depuis la fin des années 1990, nous prévenons de l’intensification d’événements extrêmes de juin à septembre. Mais je suis surpris de l’étendue géographique de cette canicule qui a touché des régions d’habitude protégées, à l’ouest, jusqu’en Bretagne.
À quoi sont dues les canicules ?
À l’augmentation de l’effet de serre liée à l’utilisation des énergies fossiles, le gaz, le charbon, le pétrole, le bois. En 2025, on a émis 37 milliards de tonnes de CO2 liées à l’utilisation de ces combustibles fossiles. Sans activité humaine, le réchauffement aurait été beaucoup moins important.
Qui est à blâmer ?
Notre économie ne réussit pas à se passer des combustibles fossiles. Pourtant il y a des énergies qui n’utilisent pas le fossile : le nucléaire et le renouvelable. Se nourrir, se loger et se déplacer, ça représente les deux tiers de nos émissions de gaz à effet de serre. Pour réduire cette proportion, il faut que l’État joue son rôle, pose un cadre, donne une impulsion. Il faut aussi que les entreprises prennent leur part. Pour respecter les objectifs fixés, il faudrait diminuer nos émissions de 5 % chaque année. Ça a été le cas uniquement de 2022 à 2023.
Et depuis ?
La diminution est insuffisante. Parce que les politiques climatiques sont laissées en déshérence. Un exemple : MaPrimeRénov’ n’a pas été soutenue financièrement. En 2026, avec l’augmentation du prix du pétrole, il y aura peut-être un mieux. Mais il y a beaucoup de climatoscepticisme affiché dans certains médias et un incroyable désintérêt des politiques. Pourtant, ce que l’on connaît aujourd’hui annonce ce que l’on vivra, en plus intense, dans cinq ou dix ans.