Quand l’industrie se meurt. La chronique d’ Apolline De Malherbe
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Retrouvez la chronique d'Apolline de Malherbe.
LTD/CHRISTOPHE MEIREIS/ABACAPRESS
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Brandt, c’est fini. Sept cents salariés sur le carreau. La marque d’électroménager liquidée sur décision du tribunal de commerce de Nanterre. Et ce n’est que la suite d’une longue litanie d’industries que l’on voit mourir, que l’on laisse mourir : « C’est un abandon, un renoncement, un sacrifice. Si nous continuons ainsi, la France industrielle est complètement morte. » François Bonneau, le président de la Région Centre-Val de Loire, était mon invité sur RMC vendredi 12 décembre.
Il ajoute : « Si on ne change pas les règles à l’échelle de l’Europe, on n’y parviendra pas. Aujourd’hui, l’Europe est le ventre mou de la planète. Nous, on a des petites règles étriquées, et pendant ce temps-là, regardez ce qui se passe ailleurs : en Chine, ils soutiennent leur industrie pour envahir complètement le monde. Nos règles nous tuent, on est complètement dépassés ! »
Serge Grouard, le maire d’Orléans, oscille entre colère et larmes : « J’en ai marre de ceux qui nous parlent de réindustrialiser la France ! Arrêtez de jouer ! Arrêtez de déconner ! On ferme Brandt ; on va fermer la France, pendant qu’on y est ! » L’un est de gauche, l’autre de droite. Mais depuis le terrain ils voient le décalage tragique entre les mots et les actes.
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Le mois dernier, c’était la fin de l’aciériste Novasco. Nicolas Haettinger, salarié depuis dix-neuf ans sur le site d’Hagondange, en Moselle, s’adressait en direct sur mon plateau au ministre de l’Industrie. Il ne comprend pas que l’on parle de « souveraineté » tout en laissant mourir l’industrie française en silence.
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