La Chine, nouvelle obsession des industries maritimes françaises

Le PDG de Naval Group, Pierre-Eric Pommelet, lors de son intervention aux Assises de l'économie de la mer à La Rochelle.
Ilago

Le PDG de Naval Group, Pierre-Eric Pommelet, lors de son intervention aux Assises de l'économie de la mer à La Rochelle.
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Aussi discret qu'il soit, le milieu maritime est rattrapé par les grands affrontements contemporains. La preuve aux 20e Assises de l'économie de la mer à La Rochelle, où une cible est revenue dans toutes les bouches : la Chine, inévitablement.
« La Chine aujourd'hui c'est 70 % des commandes de navires civils du monde et 50 % de la production mondiale de navires commerciaux », pointe Pierre Eric Pommelet, PDG de Naval Group. « Après un grand mouvement de départ de l'industrie européenne, il y a une absolue nécessité à préserver et développer notre industrie navale et militaire », se dresse celui qui préside aussi le Gican (Groupement des Industries de Construction et Activités Navales).
« L'Europe est complètement sur la défensive en ce qui concerne la construction navale. Bientôt, un seul pays construira 90 % des navires. Ca posera un énorme problème de souveraineté », alerte Philippe Berterottière, directeur général de l'équipementier énergétique GTT.
Après les vêtements, les panneaux solaires, les batteries ou les voitures, l'Empire du Milieu a bien assis sa domination sur l'industrie navale. La China Shipbuilding Industry a été absorbée cet été par la Chine Shipbouilding Corporation. Un mariage naturel phonétiquement, mais qui n'a rien d'anodin puisque l'entreprise est ainsi devenue le plus gros chantier naval au monde.
« Pour être une puissance mondiale, il faut être une thalassocratie. Et ça la Chine l'a très bien compris avec les nouvelles routes de la soie par exemple », décrypte Bernard Rogel, officier de la Marine Nationale. En vertu de cette « thalassocratie » - qui n'a rien à voir avec le bien-être - la domination économique et, de plus en plus, géopolitique de la Chine s'exprime sur les espaces maritimes.
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Même si les commandes ont fondu de 68 % au premier semestre 2025, le pays a largement dépassé les anciens leaders qu'étaient la Corée du Sud et le Japon. L'Europe, elle, est portée par l'Allemagne et l'Italie.
La dépendance croissante à Pékin tombe d'autant plus mal que les armateurs vont devoir renouveler leur flotte dans le cadre de la stratégie de décarbonation du maritime. Le plan de l'Organisation maritime international voté en 2023, actuellement en renégociation, prévoit d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Ce qui obligera les cargos à passer sous motorisation hybride, combinant thermique avec électrique, carburants durables ou voiles.
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De passage aux Assises de La Rochelle, le président de la République, venu sans annonces concrètes, s'est contenté d'un discours évasif. « Nos mers sont redevenues des espaces de prédation. Si nous voulons que la liberté de navigation et nos intérêts soient préservés, il nous faut agir avec beaucoup de force. Nous ne devons pas agir comme un espace maritime mais comme une puissance maritime », a affirmé Emmanuel Macron, devant un public qui en attendait plus.