OPINION. « Nous défendrons une métropole de projets, coopérative, lisible, au service de tous », par Pascaline Lécorché, déléguée nationale de Place Publique
La militante marseillaise présente la feuille de route du mouvement Place publique pour les élections municipales et métropolitaines.
Notre réalité est métropolitaine. Que nous vivions à Marseille, Aix, Aubagne, Vitrolles, Miramas, Mallemort ou Fos, nos déplacements, notre air, notre eau, nos logements, nos emplois, nos entreprises, nos loisirs, notre accès aux services publics dépendent largement de décisions métropolitaines. Et pourtant, cette évidence ne se reflète ni dans le débat public, ni dans les décisions prises en notre nom, ni dans les campagnes municipales. Or la métropole traverse une triple crise : d’identité, de vision, de gouvernance.
Une crise d’identité et de vision, d’abord
La métropole n’a pas encore trouvé son visage. Née sans désir politique partagé, elle est le produit de compromis institutionnels plus que d’un projet collectif. Dans un territoire multipolaire, où l’attachement aux communes est légitime, elle n’a jamais su construire un récit commun. Ce qui manque, ce n’est pas la diversité, c’est l’assemblage. Or c’est précisément le rôle d’une métropole : relier les territoires, organiser leurs complémentarités, transformer la pluralité en projet commun — sur les transports, l’aménagement, le développement économique ou la transition écologique. Faute de vision partagée, elle oscille depuis dix ans entre centralisation opaque et effacement politique. Nous défendons au contraire une métropole de projets, coopérative, lisible, au service de toutes et tous.
Une crise de gouvernance ensuite
Depuis six ans, la métropole est enlisée sous la présidence de Martine Vassal. Candidate battue à la mairie de Marseille, elle n’aurait jamais dû représenter la ville centre à la table des maires. Seule métropole de France dans cette situation, Aix-Marseille-Provence voit ses débats phagocytés par un match municipal permanent, au détriment de l’intérêt général.
« Remettons les citoyennes et les citoyens au cœur de la métropole »
Prenons place dans la métropole, là où se joue nos vies quotidiennes. Rien n’est irréversible si nous nous saisissons collectivement des enjeux métropolitains. La gouvernance actuelle a prospéré sur notre éclatement. Il est temps de nous parler, de nous organiser, d’agir ensemble.
C’est le pari fait par Place publique depuis janvier avec l’initiative Prenons place.
Nous nous sommes affranchis des appartenances partisanes, des frontières territoriales et des postures pour mailler le territoire au plus près des réalités métropolitaines : réunions publiques, rencontres avec les maires, acteurs associatifs, syndicaux et économiques, visites d’entreprises.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
De ce travail est né un projet volontariste et fédérateur
Une envie de métropole, de coopération et de projets. Nous avons parlé gares et transports, logement et aménagement, conversion écologique de nos industries, emploi, économie sociale et solidaire, santé environnementale. Nous avons porté l’ambition d’un élan métropolitain capable de créer les 100.000 emplois qui nous manquent.
« Nous devrons demain voir encore plus loin »
Notre territoire métropolitain est quasiment départemental. Les compétences du département en matière de solidarités, d’éducation, de santé ou d’environnement seront décisives pour réussir à l’horizon 2050 la transformation du territoire. Dans ce cadre, il est évident que la question d’une évolution institutionnelle, y compris celle de la fusion métropole–département, sera à mettre au débat public dans les prochaines années et devra associer citoyennes et citoyens, élus et acteurs du territoire.
« Alors, ensemble, réveillons la métropole »
Nous appelons habitantes et habitants, forces associatives et économiques, responsables politiques à s’emparer de cet enjeu. La métropole est née sans désir. Aujourd’hui, c’est nous qui la désirons.
Ce combat métropolitain, nous le porterons dans chaque commune et chaque quartier de Marseille.