Ces dernières années, les arbres sont devenus des arguments électoraux. Lors des élections municipales de mars, partout, des promesses de milliers, voire de dizaines de milliers de nouveaux arbres au cours du prochain mandat. Parfois celles-ci ne sont pas tenues. D’autres fois elles le sont, comme à Paris, où le Plan Arbre est en route : 170 000 plantés entre 2020 et la fin de cette année.
Dans les rues, sous forme de forêts urbaines, sur les places, dans les cours d’école, le long du boulevard périphérique, dans les bois… Face aux canicules à répétition et à la hausse programmée et inéluctable des températures, planter des arbres en ville s’impose donc comme la solution idéale. Et immédiate.
« Les arbres vont être essentiels, bien sûr, bien mieux que des parasols, résume Laurent Tillon, biologiste et ingénieur forestier à l’Office national des forêts, auteur d’Être un chêne (Actes Sud). Plus il y aura d’entropies comme on le vit en forêt, grâce à de multiples strates de végétation, mieux on pourra aider à baisser les températures et soutenir la protection des arbres eux-mêmes. Mais s’il s’agit de planter des arbres sans rien avec des racines coincées sous du goudron, franchement, c’est les considérer comme des objets et ne pas respecter ces vivants si précieux. Il nous faut donc réviser totalement nos façons d’aménager ces villes et d’y installer des pseudo-forêts. »
Des villes modèles
Chaque année, à l’occasion de la Journée des forêts, le 21 mars, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture rappelle les avantages de la végétalisation urbaine, comme le « stockage du carbone, l’élimination des polluants atmosphériques, la restauration des sols dégradés et la prévention des sécheresses et des inondations ».