Le cœur s’emballe-t-il davantage avant une finale ou les secondes précédant l’épreuve de philosophie du baccalauréat ? Vous avez quatre heures. Les lycéens du Campus PSG n’ont pas besoin d’autant. « Le foot t’apprend tellement à gérer la pression que lorsque tu arrives au bac, ça se passe bien », sourit Paul Bourdin, élégant milieu de terrain et champion de France U17, depuis sa salle de cours avec vue sur les pelouses d’entraînement et le bâtiment des professionnels. Maîtrise du stress ne rime pas avec inconscience.
Ces jours-ci, les 33 élèves de terminale de la cité éducative du PSG jonglent entre foot et examens sans rien prendre à la légère. La force de l’habitude, observe Stéphanie Cormier, professeure de maths : « Quand je suis arrivée il y a trois ans, j’ai compris que les clichés attachés aux jeunes footballeurs étaient faux. Ils ressemblent aux élèves du lycée privé de Versailles où j’enseignais, avec en plus une capacité à ne pas s’affoler après une épreuve ratée, un goût du défi et une grande autonomie. »
Il en faut, de la maturité, pour s’endormir à l’internat en écoutant les podcasts de révision préparés par leurs enseignants – le meilleur moment de la journée pour mémoriser, leur a-t-on appris – plutôt que de regarder la Coupe du monde. Surtout lorsqu’on peut rêver d’y participer un jour.
Beaucoup ont côtoyé Warren Zaïre-Emery ou Ibrahim Mbaye (Sénégal), sans compter Senny Mayulu ou Quentin Ndjantou, champions d’Europe. Ils savent que Mike Maignan et Adrien Rabiot les ont précédés. Et que leur génération est encore plus performante. Cette saison, le PSG a remporté les titres nationaux en U17, U19 et Coupe Gambardella. Les U19 n’ont été éliminés qu’en demi-finale de Youth League, aux tirs au but face au Real Madrid.