C’était au début de juillet dernier. Quelques semaines plus tôt, Édouard Philippe a sorti un nouveau livre Le Prix de nos mensonges (JC Lattès). L’ouvrage a fait peu parler de lui, eu du mal à trouver son public. Un des premiers lieutenants du chef de l’État se gargarise : « Édouard Philippe n’a jamais structuré un débat autour de lui. À chaque fois, quand il parle, c’est l’indifférence. » Mardi 7 octobre, le maire du Havre lui a donné tort. En appelant sur RTL à une « démission immédiate » d’Emmanuel Macron et à « l’organisation d’une présidentielle anticipée après l’adoption du budget », son ancien Premier ministre a plus que franchi le mur du son. Il a commis un crime de lèse-majesté.
Pour lui, la rupture avec celui qui l’a nommé à Matignon en mai 2017 et permis de donner alors à sa carrière une autre tournure n’a pas été rien. La veille, alors que tout avait une nouvelle fois explosé avec la démission de Sébastien Lecornu un mois à peine après sa nomination à Matignon, le patron d’Horizons avait prévenu ses troupes, réunies en bureau politique : cela allait souffler.
S’il les avait informées de son intervention radiophonique, il était resté en revanche mystérieux sur son contenu, précisant simplement qu’il se placerait sur le terrain du fonctionnement des institutions. Le lendemain, c’est donc au nom de « l’autorité et de la continuité de l’État » qu’il souhaite un départ du président afin de sortir de la crise.
Ces précautions ne lui ont pas épargné un procès en trahison de la part de proches du locataire de l’Élysée.