Il traverse le hall 4 du Parc des expositions de la Porte de Versailles, seul, jusqu’à la scène. Le moment est solennel. C’est son premier discours en tant que candidat officiel à l’Élysée. Gabriel Attal sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Alors que le 5 juillet, Édouard Philippe se livrera au même exercice, le secrétaire général de Renaissance doit montrer qu’il est prêt pour la bataille.
« J’ai changé parce que les épreuves de la vie m’ont changé », avait lancé ici même, en 2007, Nicolas Sarkozy, après avoir été investi par l’UMP candidat officiel à la présidentielle. « L’exercice du pouvoir m’a éclairé, il m’a changé. Oui, en exerçant le pouvoir, j’ai mûri, j’ai appris, j’ai acquis une force », assure quant à lui Gabriel Attal dès les premières minutes devant plus de 4.000 personnes. Dans ses différentes fonctions, il a montré, estime-t-il sa « force d’agir » – c’est son slogan. « Je n’ai pas l’intention de me renier, j’ai ma personnalité, je n’ai pas peur du changement, j’ai envie de bouger les choses, j’écoute, je tranche, j’agis », promet-il.
Dans cette campagne qui commence, il entend ainsi être le candidat de l’espoir, positionnant ses pas dans ceux d’Emmanuel Macron en 2017. « Tout l’enjeu de cette élection présidentielle, toute la question à laquelle les Français devront répondre par leur bulletin de vote, c’est : voulons-nous que la France reste cramponnée à un modèle du passé, ou voulons-nous bâtir l’avenir ? », assure-t-il, répétant ce dernier mot une vingtaine de fois dans son discours.