Dans le baromètre Ipsos BVA-Cesi école d’ingénieurs « La Tribune Dimanche », le trio Darmanin-Attal-Philippe domine le bloc central mais se voit devancé par Marion Maréchal.
Ils sont dans un mouchoir de poche. Un mois après avoir enregistré d’inquiétantes baisses, Gérald Darmanin, Gabriel Attal et Édouard Philippe bénéficient, comme l’ensemble de la classe politique, d’un ajustement à la hausse dans le baromètre mensuel réalisé par Ipsos BVA et l’école d’ingénieurs Cesi pour La Tribune Dimanche. Notre première vague de 2026 crédite les trois hommes de 21 à 22 % d’opinions favorables à leur accession à l’Élysée lors de la prochaine élection présidentielle.
Membre le plus populaire du gouvernement depuis le départ de Bruno Retailleau, le garde des Sceaux est davantage soutenu que ses rivaux par l’électorat Les Républicains (dont 48 % l’approuvent en tant que présidentiable). Les deux ex-Premiers ministres, eux, dominent le bloc central avec 52 % pour Attal et 56 % pour Philippe.
Au sommet de l’État, les choses sont statiques. Emmanuel Macron reste à un niveau abyssal d’impopularité, recueillant 18 % de jugements favorables contre 79 % de défavorables, soit 2 points de plus qu’en décembre. « Ce qui frappe, c’est la fragilité de son propre socle », observe Brice Teinturier, directeur général d’Ipsos BVA. Le locataire de l’Élysée a en effet perdu 10 points chez les sympathisants de Renaissance, du MoDem et d’Horizons, qui ne sont plus que 52 % à le défendre. Quant à Sébastien Lecornu, il se stabilise à 29 % d’opinions positives.
Emmanuel Macron continue de dégringoler dans les sondages, atteignant des sommets d'impopularité. Face à lui, son Premier ministre tient la barre. (Crédits : LTD)
Son image s’est un peu dégradée au sein du bloc central mais s’est améliorée auprès des sympathisants écolos (+10), socialistes (+15) et LR (+9). « Le Premier ministre n’a, pour l’instant, pas subi de sanction liée à la longue séquence budgétaire, note Brice Teinturier, alors que beaucoup de Français souhaitent qu’une loi de finances soit vite adoptée. »
Les débats autour du budget et le narratif de la candidate soi-disant “empêchée” par la justice lui permettent de reprendre des couleurs.
Brince Teinturier, à propos de Marine Le Pen
Traduisant l’humeur du pays, les principales figures de l’extrême droite continuent d’occuper le podium. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, demeure la personnalité la plus populaire avec 35 % d’approbation en tant que potentiel chef de l’État, mais est suivi de près par Marine Le Pen. La cheffe des députés RN est revenue à 33 %, son niveau de l’automne.
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Jordan Bardella est, selon notre sondage, la personnalité politique favorite des Français pour l'éleciton présidentielle de 2027. (Crédits : LTD)
« Les débats autour du budget et le narratif de la candidate soi-disant “empêchée” par la justice lui permettent de reprendre des couleurs », estime Brice Teinturier, qui soulève un autre élément important : le fait que Marion Maréchal se hisse à nouveau à la troisième position du classement avec 23 % de bonnes opinions. Le bloc des droites plus ou moins radicales, qui sature les huit premières places, est complété par Bruno Retailleau et Éric Ciotti, ex aequo à 18 %.
À gauche, François Hollande arrive en tête avec la même cote. Engrangeant un score convenable chez les sympathisants Insoumis (29 %), l’ancien président de la République est surtout soutenu par ceux du PS (46 %), où il est à touche-touche avec Raphaël Glucksmann (51 %). « Je ne pense pas qu’il y ait chez les Français un désir de retour de François Hollande, mais lorsqu’on demande qui à gauche incarne la fonction présidentielle, il est cité, affirme le patron d’Ipsos BVA. Et depuis son débat raté sur LCI face à Éric Zemmour, Raphaël Glucksmann patine. »
Gérald Darmanin est cité par 41% des Français comme meilleur ministre du gouvernement Lecornu. (Crédits : LTD)
Quant à Jean-Luc Mélenchon, il reste la personnalité politique recueillant le plus d’avis défavorables (68 %). Les principales préoccupations des Français se resserrent et les municipales retardent la décantation des rapports de force entre les prétendants de 2027. Brice Teinturier résume : « Plus on avance, plus le paysage s’opacifie. »