Dans cette tribune, le député européen socialiste demande au patron de la SNCF de changer de braquet dans la lutte contre le changement climatique et propose cinq mesures simples.
Monsieur le PDG de la SNCF, en 2050, nous aurons vingt fois plus de jours de canicule. C’est pourquoi renvoyer les enfants chez eux et fermer les gares à nos aînés ne peut relever que de l’urgence, alors qu’il nous faut des mesures structurantes pour l’avenir. Ouvrons le chantier des vraies solutions plutôt que de se contenter de la politique de la bouteille d’eau gratuite. En outre, avoir toujours plus de trains supprimés à chaque nouvelle crise n’est qu’un aveu d’échec et cela ne saurait constituer une vraie réponse.
L’usager ne peut plus être une variable d’ajustement. Dans la lutte contre le changement climatique, personne ne doit rester à quai. Pour contrer rapidement et durablement les effets du changement climatique, je demande cinq mesures simples.
D’abord, une crise climatique, comme il y en aura de plus en plus, ne peut plus se traduire pour l’usager par une assignation à résidence, en particulier pour les plus fragiles. La mobilité est un droit, il doit être garanti en toutes circonstances.
Ensuite, une canicule ne peut pas exonérer l’entreprise ferroviaire de respecter les droits des passagers à la continuité du trajet. En outre, il faut construire avec les usagers une véritable feuille de route de la mobilité à l’ère du changement climatique : résilience des gares, climatisation des lieux sensibles…
Mieux protéger les travailleurs du secteur des transports
Le changement climatique pèse aussi sur les travailleurs. À la moindre panne, ce sont eux qui sont dépêchés pour réparer, surveiller et relancer les circulations dans des conditions météo souvent difficiles. Sans tarder, la question climatique doit être pleinement intégrée au Code du travail et aux conventions collectives. Sans travailleurs, pas d’adaptation ni de résilience climatique.
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En deux ans seulement, le gouvernement a divisé par trois le budget de son fonds vert, passant de 2,4 milliards d’euros en 2024 à seulement 837 millions d’euros cette année. Il y a urgence à sortir du stop and go et à mettre en œuvre une politique d’adaptation climatique ambitieuse et constante, dans laquelle la mobilité occupera une place centrale.
Investir massivement dans l’adaptation des infrastructures
Pour adapter les réseaux européens de transports au climat de 2050, il nous faudra 71 milliards d’euros, dont 27 pour le ferroviaire. Nous accueillons favorablement les conclusions de la conférence sur le financement des transports, mais veillerons à ce que chaque euro investi contribue à l’adaptation climatique : régénération de l’infrastructure, maintenance prédictive et régulière…
À ceux qui diront que les caisses sont vides, je réponds que l’inaction d’aujourd’hui augmente la facture de demain. Depuis 1980, les conditions météo extrêmes ont fait perdre 650 milliards d’euros aux sociétés européennes, dont 56 milliards en 2021.
Réglons un débat du passé : à l’horizon 2040 plus aucun train ne devra être en service sans climatisation efficace. Les 50 °C relevés dans certains wagons représentent un risque sanitaire insupportable pour l’usager et donc pour l’entreprise de transport qui leur fait subir. L’adaptation au changement climatique est un sujet pour la France mais aussi évidemment pour l’Europe.
Je prends à bras-le-corps le combat à Bruxelles sur ces questions : je m’investirai sur le paquet législatif européen attendu en fin d’année sur la résilience et les risques climatiques et je veillerai à ce que les lignes du budget européen pour l’adaptation climatique soient sanctuarisées et véritablement consommées à cet effet.