Le comité local organise, le vendredi 26 juin (samedi 27 juin en France) le « match des fiertés » qui, pur hasard, oppose deux pays, l’Égypte et l’Iran, parmi les plus répressifs pour les personnes homosexuelles.Dans le quartier de Capitol Hill, on ne parle déjà que de ça : le « match des fiertés » Iran-Égypte qui aura lieu vendredi (samedi matin en France), à Seattle. La Coupe du monde en elle-même passe presque au second plan. Depuis 1974, la grande marche des fiertés transforme la ville en immense scène militante et festive, jusqu’à rassembler 350 000 personnes parfois. Dans les rues de cette cité démocrate et progressive de la côte Ouest américaine, les drapeaux arc-en-ciel s’affichent partout : façades, vitrines, passages piétons… D’où l’idée du comité d’organisation local de mêler les deux événements en dédiant le match prévu le 16 juin à la cause LBGT+.
Mais le tirage au sort ne pouvait pas désigner une affiche plus improbable. En Iran, les relations homosexuelles sont interdites et peuvent être passibles de la peine de mort. En Égypte, si l’homosexualité n’est pas explicitement criminalisée, une loi contre la « débauche », largement interprétée, permet régulièrement de poursuivre des personnes homosexuelles.
Deux positions aux antipodes de celles défendues dans la plus grande agglomération de l’État de Washington. Seattle Pride, l’association chargée de festivités, prévoit plusieurs temps forts dans la fan zone et une parade aux abords du stade, afin de faire découvrir « l’histoire de la ville, sa culture et ses figures de la communauté LGBTQIA2S+ ».
Le sujet provoque un petit mouvement de recul chez les suiveurs de l’équipe égyptienne. « Nous avons un problème avec cette question et nous essayons de garder cette histoire de fierté loin de nous, déclare Mahmoud Essam, journaliste de Yallakora.com. Nous sommes aux États-Unis, nous devons respecter leurs traditions et leurs règles. Mais il y a aussi les nôtres, et nous voulons rester à distance de tout ça. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent pour porter leur message à leur pays, mais nous ne l’encouragerons pas. »