De 14 à 17 ans, Paul Seixas a grimpé les échelons au Vélo Club Villefranche Beaujolais. Il avait déjà tout d’un grand.Il est encore tôt pour réunir des souvenirs mais un jour, peut-être bientôt, les reliques pourraient valoir de l’or. Alors, Anthony Barle fouille dans ses placards, exhume une petite image carrée de Paul Seixas dans la brochure de la saison 2022 du Vélo Club Villefranche Beaujolais. Il croit trouver celle de 2021, la première du Lyonnais, finalement non. À bien y regarder, c’est peut-être même la seule qui manque à ses archives.
Le manager général jouera à l’archéologue plus tard. Ce matin de juin, le temps est compté. Les courses s’enchaînent et les médias, attirés par le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, débarquent en nombre. Avec une question : comment a grandi le phénomène du cyclisme français ?
Le dirigeant n’est pas certain d’avoir une réponse, pour la simple et bonne raison que « Paul a explosé tout le monde dès le départ ». À la limite, reprend-il, « ce qu’on lui a appris, c’est à être raisonnable ». Ses camarades de l’époque n’ont pas franchement le souvenir qu’il ait entendu la consigne. « On m’avait dit qu’il était super fort, se souvient Tom Lambert Wetzel, son aîné d’un an. Dès la première course régionale en cadets 1, il nous a martyrisés. Puis il a recommencé toute l’année. »
Chez les U15, il arrache les pédales. Son adresse et son punch font merveille. « Il était bon donc on l’appelait “Trois Poumons” », sourit Anthony Barle en faisant la visite des locaux, investis en 2021. Dans la plus grande pièce, où un lit de camp est déplié dans un angle pour les coureurs de passage, se trouve le mur des victoires : tous les vainqueurs ont apposé leur signature. Celle de Paul Seixas est enfantine. Elle l’est aussi sur les deux maillots tricolores dédicacés – il en a remporté trois (champion de France sur route cadets en 2021, contre-la-montre et relais mixte juniors en 2024). « Pour le VCB. Paul Seixas », a-t-il griffonné sur le plus récent, offert lors de sa dernière visite, en novembre 2025.