« En désaccord » avec la ligne du parti, Élisabeth Borne se retire de la direction de Renaissance

Gabriel Attal et Elisabeth Borne lors d'un conseil national du parti Renaissance à Paris, le 8 décembre 2024.
LTD/Alexis Jumeau/ABACAPRESS.COM

Gabriel Attal et Elisabeth Borne lors d'un conseil national du parti Renaissance à Paris, le 8 décembre 2024.
LTD/Alexis Jumeau/ABACAPRESS.COM
L'ancienne Première ministre, Élisabeth Borne, a annoncé mercredi se retirer de la direction du parti Renaissance dont elle restera néanmoins adhérente, se disant en désaccord avec la ligne portée par le secrétaire général Gabriel Attal. « J'ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j'ai créée, +Bâtissons ensemble+ », qui a vocation à « rassembler au-delà des partis », a-t-elle déclaré.
Élisabeth Borne, qui publie jeudi « Réveillons-nous! » (Robert Laffont), a affirmé qu'elle resterait tout de même simple adhérente de Renaissance. « Je suis attachée aux militants et je suis attachée aux valeurs qu'on a portées en 2017, mais je ne souhaite pas participer aux instances. »
Son annonce survient alors que Gabriel Attal s'active en vue de la présidentielle, multipliant les déplacements pour tenter de déloger Édouard Philippe de son rang de favori du bloc central pour la course à l'Élysée.
En août 2024, l'ancienne Première ministre avait annoncé sa candidature à la tête du parti Renaissance. Quatre mois plus tard, elle renonçait à déposer sa propre liste, moyennant un accord avec Gabriel Attal qui lui assurait la présidence du Conseil national, sorte de Parlement du parti.
Mais l'ancienne Première ministre, qui avait accueilli Attal sur le perron de Matignon en janvier 2024, n'a jamais semblé adhérer à la démarche de son éphémère successeur, qui s'est emparé du parti sans l'accord de l'Elysée et dirige également le groupe macroniste à l'Assemblée nationale « Renaissance, ce n'est pas un parti, c'est l'agence de com' de Gabriel Attal », avait-elle notamment déclaré à La Tribune Dimanche.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Questionnée mercredi sur ses points de divergence avec la ligne de Renaissance, elle a cité le « respect du droit international », du Conseil constitutionnel et de la Constitution. Elle avait déjà affiché son scepticisme, voire son opposition à certaines mesures de fond annoncées par le parti, comme l'interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans.
La députée du Calvados avait séché le discours de clôture du meeting d'Arras de Gabriel Attal en septembre 2025, comme un certain nombre de figures du parti, en désaccord avec sa prise de distance vis-à-vis d'Emmanuel Macron.
Elle n'était pas non plus présente lundi soir au bureau exécutif qui a examiné les propositions de désignation du candidat du parti à l'élection présidentielle. Celles-ci -désignation du secrétaire général ou primaire interne- doivent être tranchées le 12 mai lors d'un Conseil national, instance qu'elle présidait.